News CA

Les 30 ans du Dôme aux Francos | Reverra-t-on un jour Jean Leloup ?

Ladies and gentlemen, after one year, after two years, après nombre d’années : John the Wolf ! Ou, enfin, presque. Au cours des prochains mois, l’œuvre de Jean Leloup sera abondamment célébrée : d’abord dimanche lors d’un grand spectacle aux Francos soulignant les 30 ans de l’album Le Dôme, puis en juillet à Trois-Rivières dans une création du Cirque du Soleil. Mais selon toute vraisemblance, le Roi Ponpon, lui, n’y sera pas. Est-ce bien grave ?

Jean-François Rioux, propriétaire du disquaire Le Vacarme sur la Plaza St-Hubert, se souvient de l’indécision de son client. Nous sommes en août 2025. « Le gars hésitait entre acheter un vinyle de Jean Leloup et autre chose pour la fête d’un de ses amis, parce qu’il n’était pas sûr si son ami avait déjà le Leloup. Et il avait fini par prendre autre chose. »

Quelques minutes plus tard, ce client rapplique dans le magasin, haletant. « Il me dit : “Tu ne me croiras pas, mais je viens de parler à Jean Leloup dehors. Il va rentrer signer des disques.” »

PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE

Jean Leloup en avril 1991

Et comme de fait, le Roi Ponpon passera plus ou moins une demi-heure à autographier des 33 tours. Une publication sur les réseaux sociaux relatant cette visite royale vaudra même à Rioux une courte entrevue sur les ondes du 98,5 FM, la preuve que la moindre apparition de l’élusive icône est traitée comme matière à nouvelle.

Jean Leloup, y es-tu ?

Il y a encore quelques années, il n’était pas rare pour les résidants du Mile End ou du Plateau Mont-Royal de croiser Jean Leloup sur le trottoir ou dans un café. Mais depuis la parution de L’étrange pays (2019), l’homme de 65 ans se fait beaucoup plus discret. Ses derniers spectacles, eux, remontent à 2015.

« Quand j’ai commencé à parler de lui autour de moi, j’ai entendu des avis tellement contraires », se remémore l’animatrice Élodie Gagnon, à qui on doit un épisode de la série balado L’heure de grande écoute intitulé « Où est Jean Leloup ? », diffusé en août 2025. « Il y a des gens qui me disaient : “Je l’ai vu à Montréal il y a deux semaines, il va super bien”, d’autres qui me disaient : “Il est à Québec et il ne va vraiment pas bien.” D’emblée, la légende de Jean Leloup se faisait sentir. »

« Jean va super bien », assure le bassiste Jean-François Lemieux, qui connaît Leloup depuis la création de l’album Le Dôme, auquel il a collaboré, et qui compte parmi les musiciens maison du spectacle de dimanche aux Francos. « On ne le voit pas pour deux raisons en dehors du showbiz : il prend soin de sa mère de 91 ans qui vit à Sainte-Foy et il est presque complètement sourd d’une oreille à cause d’une labyrinthite mal traitée. »

La musique demeure centrale dans sa vie, il compose toujours des chansons. Ces temps-ci, il tripe sur l’oud et il vient de s’acheter une contrebasse.

Jean-François Lemieux, bassiste et ami de Jean Leloup

Ne pas jouer la game

Olivier Boisvert-Magnen, auteur du livre de référence Jean Leloup – Des grands instants de lucidité (éditions Les Malins), rappelle que même si l’absence actuelle de Leloup est sa plus longue en carrière, ce n’est pas d’hier qu’il prend parfois le money and go, johnny go, loin des projecteurs.

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Jean Leloup en octobre 2015

« C’est notre seul artiste aussi libre, estime-t-il. Après Paradis City [2015], il aurait pu réengager la même équipe et essayer de refaire un disque semblable. »

Mais je pense que c’est ce que les gens admirent : notre star-système est tellement petit que tout le monde finit par jouer un peu la game, sauf lui.

Olivier Boisvert-Magnen, auteur du livre de référence Jean Leloup : des grands instants de lucidité

Leloup a d’ailleurs déjà déclaré à Alain Brunet en octobre 1996 : « Trop de fame, c’est pas bon pour la tête. »

Ne vous attendez donc pas trop à le voir cueillir ses applaudissements dimanche, sur la place des Festivals, prévient Jean-François Lemieux. « Comme Jean me l’a déjà dit : sa vie est un tapis rouge. Il ne manque pas de reconnaissance. C’est même beaucoup de reconnaissance, pour quelqu’un d’aussi timide. »

Comme un papillon

Mais pourquoi sommes-nous, médias et grand public, à ce point obsédés par l’idée de retrouver Leloup ? « C’est très paradoxal qu’on le cherche, souligne Élodie Gagnon, parce que ce qu’on admire chez lui, c’est sa radicalité, sa liberté totale, et vouloir le retrouver, c’est d’aller à l’encontre des raisons pour lesquelles on l’aime. »

PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE

Jean Leloup aux Foufounes électriques en octobre 1989

Il est effectivement curieux, cet instinct qui nous pousse à vouloir épingler les papillons qui nous émerveillent. « Oui, acquiesce Élodie, parce que ce qui est beau chez un papillon, c’est son vol, qui est tellement léger. C’est qu’on ne sait jamais dans quelle direction il va aller. Une fois épinglé, il perd au moins la moitié de son charme. »

Comme d’habitude, Leloup ira voler là où il le veut bien, peu importe qu’on le presse de se pointer. Fuck the system do it, do it, do it, do it, n’est-ce pas ?

« Je ne suis pas vraiment un chanteur, parce que je fais des chansons quand ça me tente, résumait-il dans La Presse en octobre 1996. Et je fais des disques quand ça me tente. Ça ne me tente vraiment pas d’avoir une job de chanteur. »

Pour la suite du Dôme de Jean Leloup, dimanche sur la scène Rogers des Francos, avec Lou-Adriane Cassidy, Les Louanges, Thierry Larose, Safia Nolin, Klô Pelgag et plusieurs autres


Consultez la page de l’évènement


Lisez « Le disque que Jean Leloup s’est fait convaincre de finir »

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button