Gala d’arts martiaux mixtes | La Maison-Blanche, arène d’un soir

(Washington) Le président Donald Trump est sorti le premier du bureau Ovale, puis des combattants venus du monde entier l’ont suivi directement dans l’octogone, le soir même de son 80e anniversaire.
Une forme de consécration pour un sport longtemps en marge de l’acceptation grand public, aujourd’hui passé au rang d’évènement phare, sur la pelouse sud de la Maison-Blanche.
L’Ultimate Fighting Championship (UFC) s’est depuis longtemps débarrassé de l’étiquette de « combats de coqs humains » qui lui a collé à la peau. Mais il demeure étroitement lié à la « manosphère » de droite, qui s’est emparée des combats d’arts martiaux mixtes et a apporté son soutien à M. Trump lors de deux élections.
Le président et le patron de l’UFC, Dana White, ont marché du bureau Ovale jusqu’au balcon de la Blue Room au son des chants « USA ! USA ! » à l’occasion de la soirée Freedom 250 – le nom donné au gala, en référence au 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis.
Et la suite n’était pas non plus qu’une chasse aux œufs de Pâques.
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Des dizaines de milliers d’amateurs de sports de combat ont pu assister à l’évènement dans le centre de la capitale américaine.
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L’escadron des Thunderbirds a survolé Washington dans le cadre du gala.
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Le président américain Donald Trump et le patron de l’UFC, Dana White, empruntent l’allée menant à l’octogone.
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L’Américain Michael Chandler s’échauffe dans un hall de la Maison-Blanche avant son combat.
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Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg – lui-même adepte d’arts martiaux mixtes –, faisait partie de la liste d’invités de marque.
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Des marines suivent l’action depuis un blindé stationné près de l’Ellipse.
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Des partisans encouragent leur combattant favori.
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Donald Trump félicite l’Américain Sean O’Malley après sa victoire contre le Québécois Aiemann Zahabi.
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Les États-Unis à l’honneur
Le légendaire présentateur Bruce Buffer avait sorti le grand jeu pour l’occasion : des étoiles dorées sur le devant de sa veste de costume et des mini-drapeaux américains cousus à l’intérieur. Les ring girls de l’UFC, qui défilent habituellement autour de la cage en tenues légères, étaient habillées de manière plus pudique pour une soirée de combat tout public.
Le chanteur country Zac Brown a interprété l’hymne national – ce qui n’est d’ordinaire pas le cas avant les galas de l’UFC en raison de la diversité des nationalités s’affrontant dans l’octogone. Les Blue Angels de la Marine et les Thunderbirds de l’Armée de l’air ont survolé les lieux dans le cadre d’un défilé aérien.
Plus de 4000 partisans – parmi lesquels Mark Zuckerberg et David Ellison – étaient présents sur la pelouse sud, assis sous la « griffe », cette structure en plein air en forme de soucoupe volante abritant la cage. Ils sont restés pour la plupart les bras croisés jusqu’à ce que les combattants se servent des leurs pour asséner des coups de poing furieux. Là, les fans se sont levés.
Bo Nickal a fait tanguer le drapeau américain après sa victoire contre le poids moyen Kyle Daukaus et s’est immédiatement précipité hors de l’octogone pour discuter avec M. Trump au bord de la cage. Nickal avait rencontré le président en 2019 lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche en l’honneur des champions nationaux universitaires.
Nickal a remercié le locataire de la Maison-Blanche d’avoir fait venir l’UFC dans ce haut lieu du pouvoir américain.
Avant tout, je dois remercier le président Trump d’avoir rendu cela possible. C’est incroyable.
Bo Nickal
Le premier revers de la soirée pour M. Trump est survenu lorsque le poids lourd américain Derrick Lewis a perdu son combat après avoir reçu une invitation personnelle du président. Dana White l’avait ajouté à la carte à la demande du maître des lieux, mais c’est finalement Josh Hokit qui est sorti vainqueur du duel.
Plus de 60 millions de dollars et des dizaines de milliers d’heures de travail ont été consacrés à la construction de l’arène, selon un document judiciaire du Service des parcs nationaux, qui supervise la pelouse sud.
Une longue relation
Cet évènement en plein air, rare pour l’UFC, marque l’apogée de la relation mutuellement bénéfique que cultivent MM. White et Trump depuis de longues années. La première carte de Dana White en tant que président de l’UFC a été disputée en 2001 au Trump Taj Mahal.
Donald Trump a assisté à quatre galas de l’UFC en tant que président en exercice, marchant en ces occasions vers la cage au son de la musique rock et des chants patriotiques des partisans.
Cette fois, M. Trump n’a pas eu à se rendre bien loin, en raison du court trajet menant du bureau Ovale à l’octogone.
Des milliers d’autres personnes, rassemblées sur la pelouse de la Maison-Blanche, ont regardé les combats sur des écrans géants à l’Ellipse, non loin. Mais tous n’ont pas pu obtenir de billets – même l’une des égéries de l’UFC.
Le champion des poids moyens de l’UFC, Sean Strickland, a été escorté hors de l’évènement par un groupe de policiers. Sa présence aurait suffisamment attiré l’attention des participants pour provoquer des troubles. Pour autant, Strickland n’a ni reçu de contravention ni été arrêté : il a simplement été conduit à son hôtel et sommé de ne pas revenir sur les lieux.
Autrefois fervent partisan de Trump, Strickland a récemment déclaré sur les réseaux sociaux qu’il n’avait pas été invité à participer à l’évènement à la Maison-Blanche parce qu’il est un critique virulent d’Israël, ce que dément Dana White.
Le Québécois Aiemann Zahabi défait
OTO ALEX BRANDON, ASSOCIATED PRESS
Aiemann Zahabi
Le Québécois Aiemann Zahabi a été battu dimanche par l’Américain Sean O’Malley, ancien champion des poids coqs, lors de l’UFC Freedom 250. Le combattant de 38 ans, originaire de Laval, a également été la cible des huées les plus virulentes de la foule pro-américaine à son entrée sur l’octogone, tandis que des chants de « USA » fusaient tout au long du combat. Zahabi, qui avait auparavant apporté son soutien à Trump, a déclaré que le fait de combattre à quelques pas du Bureau ovale n’était pas une déclaration politique, mais une occasion de mettre en valeur la culture et les valeurs canadiennes.
La Presse Canadienne




