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Accord entre l’Iran et les États-Unis | Quels effets sur votre portefeuille ?

L’accord annoncé entre l’Iran et les États-Unis devrait avoir un impact important sur plusieurs secteurs de l’économie, et donc se répercuter sur votre portefeuille. Il arrive d’ailleurs à point nommé pour les vacances estivales. Envie de partir plus loin ou plus haut ? De faire un achat que vous aviez mis sur pause ? Voici à quoi s’attendre pour votre budget, en quatre points.

Publié hier à
19 h 45

Prix à la pompe

L’annonce de l’entente, qui devrait être signée vendredi, a déjà fait fléchir le prix du baril de pétrole. Lundi, le coût était d’environ 83 $ US le baril, pour un prix à la pompe aux alentours de 1,80 $ CAN, relève Carol Montreuil, vice-président, économie, à l’Association canadienne des carburants. « À l’aube des vacances, pour les automobilistes et pour les PME, c’est une excellente nouvelle », reconnaît-il. Bon à savoir pour votre planification budgétaire : si l’accord tient, Carol Montreuil s’attend à ce que le prix de l’essence se stabilise, mais pas à ce qu’il descende au niveau d’avant le conflit (soit approximativement 60 $ US le baril, ou 1,50 $ CAN à la pompe à Montréal). Pourquoi ?

D’abord, parce que désengorger le détroit d’Ormuz prendra des semaines, voire des mois, estime le vice-président. Des milliers de navires sont à l’arrêt dans ce détroit par lequel transite le cinquième du pétrole et du gaz naturel mondial. Sans compter que de nombreux pays, à commencer par les États-Unis, ont utilisé leurs réserves stratégiques d’or noir pendant la crise. « Les différents États vont vouloir rebâtir leurs réserves », soutient aussi Pierre-Marc Gervais, PDG d’Axxess Intl, un courtier en douane. « Donc, le temps qu’on arrive à équilibrer tout ça dans le marché, ça va prendre plusieurs mois. » Qui plus est, des infrastructures de plusieurs régions du Golfe ont été endommagées et devront être réparées, ajoutant encore à l’incertitude quant à la reprise mondiale.

Prix des billets d’avion

Devriez-vous sauter sur un billet d’avion, ou attendre quelques semaines ? En fait, après une flambée des prix en avril suivie d’une baisse de la demande, les prix des billets d’avion sont déjà descendus à leurs niveaux habituels, affirme Éric Boissonneault, vice-président de l’Association des agents de voyages du Québec. Et ce, même si le coût du carburant d’aviation est toujours 25 % plus élevé par rapport à ce qu’il était avant la guerre. Et 62 % de plus que le 1er janvier dernier. « Les compagnies aériennes avaient besoin de protéger les surplus de carburant, mais je pense qu’elles n’ont pas eu le choix de ramener à un prix consommateur, même si elles perdent de l’argent », observe celui qui est aussi président de Voyage Performa. Cette baisse de valeur ne se traduit toutefois pas par une ruée vers les billets d’avion, note M. Boissonneault « Les gens qui voulaient réserver l’ont presque tous déjà fait. [Pour les vacances estivales], il y a un essoufflement dans les ventes. Les gens sont un peu plus craintifs. » Vous souhaitez vous envoler ? Il n’est pas nécessaire d’attendre une chute de prix, considère aussi M. Gervais. Comme pour l’essence, « ça va prendre encore quelques mois avant qu’on puisse voir les effets concrets », estime-t-il.

Alimentation et puces électroniques

Ici, les prévisions sont moins bonnes. Il faut continuer à s’attendre à ce que ce soit cher. Les perturbations du trafic maritime mondial et la hausse du coût du pétrole ont déjà poussé les prix à la hausse, et ils ne sont pas près de redescendre. Car si la demande pour certains produits plus luxueux a baissé, tout le monde doit manger, rappelle Pierre-Marc Gervais. En parallèle, le prix des engrais a augmenté. Une flambée qui va se répercuter de la production de nourriture jusqu’aux allées des supermarchés, prédit-il. « Les aliments ne vont pas coûter moins cher dans la prochaine année, je serais prêt à parier là-dessus », tranche le spécialiste. Le conflit au Moyen-Orient a eu d’autres effets collatéraux insidieux, souligne aussi M. Montreuil. C’est le cas de la pénurie possible d’hélium, essentiel à la fabrication de puces électroniques, dont le tiers de l’approvisionnement est toujours coincé dans le détroit d’Ormuz. Ou encore du gaz naturel, dont dépend notamment l’Europe pour la climatisation ou le chauffage. « Ce sont des enjeux qui auront un impact important à venir, mais plutôt à l’automne prochain ou même au début de 2027 », analyse-t-il.


Lisez « Une pénurie d’hélium menace l’industrie des puces électroniques »

Taux d’intérêt

Meilleure nouvelle de ce côté : les taux d’intérêt devraient se maintenir à leurs niveaux actuels. Du moins, si l’accord entre les États-Unis et l’Iran mène réellement à la fin de la guerre. « C’est possible que ça garde les taux d’intérêt constants alors qu’on appréhendait une hausse », confirme Jean-Thomas Bernard, professeur émérite au département d’économie de l’Université d’Ottawa. La semaine dernière, la Banque du Canada a annoncé le maintien de son taux directeur à 2,25 % pour la cinquième fois consécutive. Mais « nous pourrions devoir ajuster notre politique monétaire très rapidement », avait prévenu le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.

Avec les informations de Julien Arsenault, La Presse

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