Guerre en Ukraine | Poutine promet d’« assurer » la sécurité de la Russie face aux frappes ukrainiennes

(Moscou) Le président russe Vladimir Poutine a reconnu dimanche « une certaine pénurie » de carburant causée par les frappes de Kyiv sur les infrastructures d’hydrocarbures russes, qui tente ainsi d’affaiblir l’effort de guerre de Moscou.
Mis à jour hier à
17 h 16
« Bien sûr, ces frappes contre les installations de nos infrastructures créent des problèmes, c’est évident. Nous observons actuellement une certaine pénurie, mais elle n’est pas critique », a déclaré M. Poutine dans un interview à un journaliste russe publié par le Kremlin.
Il a affirmé que la première tâche des autorités était d’accroître les moyens de la défense antiaérienne, et d’assurer les approvisionnements en carburant, notamment en Crimée annexée.
La péninsule de Crimée, annexée en 2014 par Moscou, a été placée vendredi en « situation d’urgence » à cause des vagues de frappes de Kyiv, qui ont notamment contraint les autorités à suspendre la vente de carburant aux particuliers et à instaurer des coupures d’électricité.
Le président russe Vladimir Poutine a dit dimanche « attendre » la venue des négociateurs américains pour reprendre les négociations sur l’Ukraine une fois Washington moins occupé par l’Iran.
« Nous attendons, une fois tous les évènements terminés, la phase chaude sur le dossier iranien achevée, la venue de ces représentants de l’administration américaine que nous avons déjà rencontrés à Moscou », a déclaré M. Poutine dans une entrevue avec le journaliste russe Pavel Zaroubine, cité par les agences de presse russes et dont l’intégralité a été publiée sur la chaîne Telegram du journaliste.
Le président russe avait promis quelques heures plus tôt d’« assurer » la sécurité du pays et de faire face aux « défis » posés par ces frappes lors d’un congrès de son parti, Russie Unie, réuni en vue des élections législatives de septembre.
« Nous relèverons sans aucun doute tous les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, y compris les attaques terroristes contre notre territoire et nos infrastructures », a-t-il déclaré alors, en référence aux frappes de Kyiv sur son territoire.
L’Ukraine a intensifié ces derniers mois sa campagne de frappes en Russie et dans les régions d’Ukraine sous contrôle russe, qu’elle qualifie de représailles face aux bombardements de Moscou qui l’endeuillent quasi quotidiennement depuis le début de l’offensive russe à pleine échelle, déclenchée en février 2022.
Kyiv vise en particulier les infrastructures énergétiques, afin de tarir la manne des hydrocarbures qui permet au Kremlin de financer son effort de guerre.
Ces déclarations du président russe sont intervenues après une attaque « massive » de drones ukrainiens sur la région de Krasnodar qui a fait un mort et provoqué un incendie dans la grande raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban, selon le gouverneur régional, Veniamine Kondratiev.
Le 18 juin, une attaque sur une raffinerie majeure de Moscou avait provoqué des explosions et un incendie spectaculaires.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé dimanche que ces frappes « signifient moins de ressources pour la machine de guerre russe, et un nouveau pas vers la paix », dans un message sur les réseaux sociaux revendiquant des frappes sur les raffineries de Slaviansk-sur-Kouban et dans la région de Iaroslavl, au nord de Moscou.
Les efforts diplomatiques sous médiation américaine pour mettre fin à ce conflit, le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, sont pour l’instant à l’arrêt.




