Coupe du monde 2026 | La FIFA défend sa décision de lever la suspension de Balogun

Critiquée pour avoir permis au joueur américain Folarin Balogun, pourtant suspendu, de jouer le huitième de finale du Mondial, la FIFA a publié lundi un long communiqué de justification, sans cependant dire pourquoi l’application de la sanction était suspendue.
Publié à
7 h 14
Mis à jour à
19 h 09
Le meilleur buteur de l’équipe américaine dans la compétition avait reçu un carton rouge mercredi pour une faute contre un joueur bosnien en 16e de finale et devait automatiquement être privé du huitième de finale, lundi contre la Belgique.
Contrarié par cette décision, Donald Trump, dont le pays coorganise l’évènement, a appelé dès mercredi le président de la FIFA Gianni Infantino pour lui demander un réexamen de cette décision. Dimanche, la commission de discipline, dont tous les membres sont choisis par l’exécutif de la FIFA et validés par son Congrès, a commué sa suspension ferme en « un match de suspension avec sursis, assorti d’une période probatoire d’un an ».
L’instance a publié lundi un long communiqué justifiant son droit à une telle révision, sans éclairer en rien sa décision sur le fond.
« Cette décision a été prise au regard de l’ensemble des circonstances particulières de l’incident ainsi que des éléments de preuve disponibles », indique la commission, pour expliquer pourquoi Balogun ne purge pas dès lundi sa suspension d’un match.
Elle avance par ailleurs qu’elle a le « pouvoir discrétionnaire de suspendre l’exécution de toute mesure disciplinaire, pour autant qu’elle ne soit pas liée à une manipulation de match, ce qui n’était évidemment pas le cas en l’espèce. »
Réexamen du carton rouge
Donald Trump a confirmé lundi avoir appelé le président de la FIFA pour demander un réexamen du carton rouge infligé à l’attaquant américain Folarin Balogun lors d’un match de la Coupe du monde, afin qu’il participe au huitième de finale contre la Belgique.
« Oui, j’ai parlé à Gianni [Infantino] », a déclaré le président américain lors d’un évènement à la Maison-Blanche.
« Tout ce que j’ai fait, c’est demander un réexamen parce que je ne pensais pas que c’était une faute. […] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire, et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision », a-t-il ajouté.
PHOTO EVAN VUCCI, REUTERS
Le président américain, Donald Trump, durant une conférence de presse à la Maison-Blanche lundi
Le chef de l’État vante régulièrement son amitié de longue date avec Gianni Infantino.
Trump tacle l’arbitre
Dans une longue réponse à la presse, Donald Trump a aussi mis en cause lundi l’arbitre de la rencontre avec la Bosnie-Herzégovine, le Brésilien Raphael Claus.
Sans le nommer directement, il l’a jugé « horrible » et « très douteux », suggérant de regarder son « passé ».
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Donald Trump a affirmé s’y connaître « très bien en sport » et qu’il avait été lui-même « un bon athlète », tout en assumant ne pas s’être penché auparavant sur les règles du soccer.
« Je ne savais même pas ce qu’était un carton rouge. Quand je l’ai découvert, je me suis dit : “C’est pas vrai”. Ce type [l’arbitre] lève juste la main et ton meilleur joueur ne va pas jouer la semaine prochaine ou lors du prochain match », a-t-il déclaré.
Face aux Diables rouges, « nous aurons une équipe au complet », s’est félicité le président.
Plusieurs médias américains ont rapporté que la campagne des États-Unis contre le carton rouge avait été menée par le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et par Andrew Giuliani, qui dirige le groupe de travail de la Maison-Blanche sur l’organisation de la Coupe du monde. Ce dernier est aussi le fils de Rudy Giuliani, ex-avocat personnel de Donald Trump et ancien maire de New York.
Selon ces médias, les hauts responsables ont été épaulés par Scott Goodwin, le gérant d’un fonds d’investissement qui a contribué financièrement au recrutement du sélectionneur de l’équipe américaine, l’Argentin Mauricio Pochettino.
Politico rapporte que, lors de l’appel téléphonique entre Donald Trump et le patron du soccer mondial jeudi, « Infantino a écouté attentivement sans faire de promesse ».
La FIFA rejette le recours belge, jugé « irrecevable »
La commission d’appel de la FIFA a rejeté lundi soir le recours belge contre le repêchage de l’attaquant américain Folarin Balogun, le jugeant « irrecevable ». La Fédération belge de football (URBSFA) « n’a pas qualité pour former un recours contre cette décision, n’étant pas partie à la procédure », a indiqué l’instance dans un communiqué.
À quelques heures seulement de Belgique–États-Unis, disputé à 17 h locales à Seattle (mardi à 20 h heure de l’Est), les Belges peuvent encore saisir le Tribunal arbitral du sport, en arguant du tort que leur cause la décision de la FIFA, mais le temps presse.
Starmer est intervenu pour empêcher un changement d’horaire
Le premier ministre britannique Keir Starmer a admis lundi être intervenu pour que la FIFA n’avance pas le coup d’envoi du match de foot qui a opposé l’Angleterre au Mexique à Mexico dimanche soir en huitièmes de finale du Mondial 2026.
Un changement d’horaire avait été envisagé en raison d’intempéries possibles à Mexico. Le match aurait ainsi démarré six heures plus tôt. Mais la FIFA a finalement maintenu la rencontre à 18 h locales (lundi 20 h heure de l’Est).
« Nous avons dû nous battre avec la FA [la Fédération de football anglaise, NDLR] pour ramener [le coup d’envoi] à l’horaire initial », a dit le chef du gouvernement travailliste lors d’une réception à Downing Street.
Selon l’agence britannique PA, il s’est opposé à avancer le début du match, car cela aurait laissé moins de temps aux Anglais pour s’acclimater à l’altitude et ainsi représenté un avantage pour les Mexicains.




