Bilan de la Coupe du monde 2026 | L’avenir de Canada Soccer en quatre questions

La peinture est encore toute fraîche sur le tableau qu’a brossé le Canada à la Coupe du monde 2026. Kevin Blue, le PDG et secrétaire général de Canada Soccer, s’est adressé par visioconférence aux médias, lundi, pour faire un bilan du tournoi de la sélection canadienne. Tour d’horizon des sujets qui ont retenu notre attention.
Publié hier à
15 h 48
Jesse Marsch à la tête des M20 ?
L’équipe canadienne est au repos après son élimination en huitièmes de finale face au Maroc. Le sélectionneur Jesse Marsch, lui, est déjà au travail… avec les moins de 20 ans du Canada. C’est que le Championnat de la CONCACAF des M20, qui se met en branle à la fin du mois, sert de qualification pour le tournoi de soccer masculin des Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028. Le tournoi olympique masculin oppose des équipes formées de joueurs M23, mais permet l’inclusion de trois joueurs plus âgés.
« Jesse est très engagé dans notre projet, et il sera impliqué lui-même dans l’encadrement [du tournoi de la CONCACAF], a révélé Kevin Blue lundi. On reconnaît à quel point les JO sont importants. Même qu’il est déjà en train de faire des appels, aujourd’hui, avec les clubs pour permettre de libérer certains joueurs. » Dans le lot : Luc de Fougerolles (20 ans) serait sans doute un atout.
PHOTO ABBIE PARR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Luc de Fougerolles
Les primes de la FIFA
Kevin Blue a confirmé qu’au total, Canada Soccer aura reçu 18,5 millions de la part de la FIFA pour avoir atteint les huitièmes de finale. Mais il a tenu à nuancer la véritable somme qui pourra prendre place dans les coffres de la fédération.
Pour sa présence à la Coupe du monde, Canada Soccer a obtenu 2,5 millions en « frais de préparation » avant le tournoi, qui servent à compenser les coûts logistiques « très élevés » en amont. Une somme de 10 millions est fournie à toutes les équipes pour la « préparation de la phase de groupes ». La fédération s’en est servi pour absorber encore les frais de participation, y compris le salaire de base des joueurs pendant la phase de groupes et les allocations pour leurs familles. Le surplus non dépensé, ici, a été réinjecté dans le budget annuel de l’organisation.
La qualification en seizièmes de finale a permis à Canada Soccer de recevoir 2 millions supplémentaires. Du lot, en vertu de la nouvelle convention collective, 50 % sont versés aux joueurs et aux joueuses, ce qui constitue leur seul salaire pour les matchs à élimination directe. Les 50 % restants vont à la fédération, mais ils sont fortement réduits par les bonis aux entraîneurs et les frais opérationnels liés au prolongement du séjour.
Canada Soccer a obtenu 4 millions de plus pour sa qualification en huitièmes. Cette somme sera répartie selon la même logique qu’en seizièmes.
« C’est positif, c’est certain, affirme tout de même Kevin Blue. Mais l’avancement en Coupe du monde n’est pas nécessairement le levier principal de notre modèle d’affaires. »
Et maintenant, le centre d’entraînement
Ce sera l’un des gros dossiers sur le bureau de Kevin Blue dans les prochains mois : l’appel d’offres en cours pour le projet du centre d’entraînement national de Canada Soccer.
Selon nos dernières informations, la région de Montréal est dans la course avec trois autres villes canadiennes pour obtenir ce centre d’entraînement, qui serait le plus gros projet d’infrastructure sportive depuis le Centre Vidéotron.
Kevin Blue n’a pas voulu commenter spécifiquement le projet de Montréal. Mais il a tout de même confirmé que d’ici « la fin de l’été ou à l’automne », la fédération sera dans le « processus final » pour déterminer « l’emplacement, la structure de la transaction » et le « montage financier pour la construction de l’infrastructure ».
Et la Copa América ?
Kevin Blue le dit sans ambages : « oui, nous aimerions participer à la Copa América » en 2028.
« Mais nous n’avons pas eu de discussions formelles » à ce sujet, ajoute le PDG et secrétaire général de Canada Soccer. Le Canada s’était rendu en demi-finale à cette compétition continentale sud-américaine en 2024.
Du reste, la fédération espère que le profil du Canada à l’international en tant que nation soccer aura été rehaussé par cette participation et sa co-organisation du Mondial. Des équipes de plus haut niveau pourraient-elles maintenant souhaiter venir au pays pour affronter les Rouges en matchs amicaux ?
En gros : oui, mais.
« À mesure que l’équipe obtient des résultats, l’option et la présence du Canada comme destination de choix pour des matchs amicaux s’imposent davantage à l’esprit de la communauté mondiale du soccer, ce qui est une excellente chose. […] Mais notre expérience récente a plutôt été que la disponibilité, l’emplacement géographique et la variété des différents adversaires en Amérique du Nord ont été de plus grands obstacles que le coût [pour les attirer]. »




