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Nouveau PDG | Air Canada opte pour un Européen, qui maîtrise le français

Le français n’est pas sa langue maternelle, mais cela n’empêche pas Anko van der Werff de converser dans la langue de Molière. C’est le Néerlandais et vétéran de l’industrie aérienne qui prendra la place de Michael Rousseau aux commandes d’Air Canada.

Mis à jour hier à
11 h 47

Ce changement de pilote n’est toutefois pas imminent. Président et chef de la direction de Scandinavian Airlines (SAS) depuis 2021, le gestionnaire européen débarquera de ce côté-ci de l’Atlantique — plus précisément au siège social de Montréal — « d’ici la fin janvier 2027 », selon le transporteur à la feuille d’érable.

Dans l’intervalle, le conseil d’administration d’Air Canada gardera un œil sur l’équipe de direction de la compagnie établie à Montréal et assujettie à la Loi sur les langues officielles.

La Presse a pu visionner une vidéo interne de quelques minutes dans laquelle M. van der Werff, âgé de 51 ans, répond à quelques questions en français, ce que son prédécesseur n’était pas en mesure de faire. Malgré un accent, le principal intéressé s’exprime de manière fluide et compréhensible.

« J’ai eu la chance, comme beaucoup de Néerlandais de ma génération, d’apprendre le français à l’école, affirme-t-il, dans la langue de Molière. Comme Européen, je comprends l’importance de la langue dans l’identité. C’est une priorité que je prends très au sérieux. »

L’échange s’effectue avec le vice-président aux communications du transporteur Christophe Hennebelle. Pour l’expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill John Gradek, c’est une bonne première impression.

« Ce n’est pas une entrevue en bonne et due forme, mais c’est acceptable, dit-il. J’ai hâte de la voir au cours d’une allocution ou un discours en public. C’est une façon intéressante de le présenter. »

Sous la loupe

L’engagement linguistique de van der Werff risque d’être scruté à la loupe.

Grand patron sortant dont la retraite est prévue le 31 août prochain, M. Rousseau, 68 ans, a été à l’origine de deux tempêtes linguistiques au cours des cinq dernières années. La plus récente remonte à mars dernier.

Il s’était alors exprimé presque exclusivement en anglais en offrant ses condoléances en lien avec la mort de deux pilotes — dont le Québécois Antoine Forest — à la suite d’une collision survenue à l’aéroport new-yorkais LaGuardia impliquant l’appareil d’une compagnie qui assure des vols régionaux pour Air Canada.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

L’actuel président et chef de la direction d’Air Canada, Michael Rousseau, tirera sa révérence à la fin août.

On ne retrouvait que deux mots en français dans le message : « bonjour » et « merci ».

Signe de l’ampleur de la crise, une motion avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale pour réclamer la démission de M. Rousseau, une démarche exceptionnelle contre le grand patron d’une entreprise privée.

La retraite du gestionnaire avait par la suite été annoncée le 30 mars dernier.

Un vétéran

M. van der Werff affiche une feuille de route étoffée dans le secteur aérien.

Sa carrière a été ponctuée d’escales chez Avianca, Aeroméxico, Air France-KLM et Qatar Airways, où l’avocat de formation a occupé des postes de direction. Il maîtrise l’anglais, le néerlandais, l’espagnol et l’italien, notamment.

« Je suis quelqu’un qui aime être près du terrain, écouter, comprendre et travailler en équipe et c’est dans cet esprit que j’aborde mon arrivée chez Air Canada », explique-t-il en français, au cours de son échange vidéo.

Le nouveau patron d’Air Canada risque d’être attendu de pied ferme par les investisseurs. En mai dernier, le transporteur avait suspendu ses prévisions financières en raison de la flambée des coûts du carburant d’aviation, gracieuseté du conflit en Iran ayant paralysé le détroit d’Ormuz.

Cette situation a affecté l’ensemble des compagnies aériennes.

Malgré son parcours, M. van der Werff n’a jamais dirigé une compagnie aérienne de la taille d’Air Canada, souligne James McGarragle, de RBC Marchés des capitaux.

Dans un rapport, l’analyste rappelle que SAS transporte annuellement entre 25 et 30 millions de passagers, comparativement à près de 50 millions chez Air Canada.

« Il s’agit d’un changement significatif en matière de complexité organisationnelle », affirme M. McGarragle.

À la Bourse de Toronto, le titre d’Air Canada s’est apprécié d’environ 25 % depuis le début de l’année. Sous la gouverne de M. Rousseau, l’action a toutefois fait du surplace. M. van der Werff aura du pain sur la planche à ce chapitre.

Mercredi, sur Bay Street, le titre d’Air Canada retraitait de 3,2 %, ou 83 cents, pour se négocier à 24,54 $.

En savoir plus

  • 2007
    Année où Michael Rousseau a fait son entrée chez Air Canada.

    Air Canada

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