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«C’est tough , mais je suis rendu là. C’est réfléchi»

Il y a quelques mois, François Bonnardel affirmait en entrevue être ouvert à se lancer pour un nouveau mandat. Le fruit de sa réflexion s’est précisé tout récemment.

«C’est une décision qui dure depuis deux mois. Une journée, c’était oui, une journée, c’était non. Je me suis posé la question. Est-ce que j’ai fait le tour du jardin? Il faut savoir quand arriver et quand partir. Et ce moment, il est là. C’est le temps de laisser la place à quelqu’un d’autre», dit-il, des trémolos dans la voix.

Le député dit n’avoir eu aucune pression de ses proches pour tourner la page sur ce pan de sa vie.

«Après 20 ans, j’ai joué tous les rôles en politique. C’est le temps de laisser la place à quelqu’un d’autre. Ça a été un privilège de gagner six élections avec les gens de Granby. Et j’ai accepté ce rôle avec beaucoup d’humilité. […] C’est tough, mais je suis rendu là. C’est réfléchi.»

François Bonnardel a obtenu la faveur des électeurs dans Shefford en 2007 comme député de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ).

Il a été réélu sans interruption depuis 2011, au moment où la circonscription a pris le nom de Granby. L’année suivante, l’ADQ devenait la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Ça a été une traversée du désert de 2008 à 2012. Mais, je savais qu’on s’en allait à la bonne place, soutient le député. Et on a marqué l’histoire en brisant la dualité politique que le Québec a connue pendant 50 ans.»

Son élection la plus marquante fut sans contredit celle de 2008. «Il a fait chaud, dit-il. L’histoire aurait pu se terminer là pour moi.»

Le politicien a d’abord été ministre des Transports puis de la Sécurité publique. Dans la foulée du scandale SAAQclic, il avait été exclu en septembre du Conseil des ministres avant d’être réintégré en avril dernier.

Après avoir songé pour un temps à diriger la CAQ après le départ de François Legault, il s’est finalement rallié à Christine Fréchette.

La première ministre lui a récemment confié l’Immigration en plus de lui donner la responsabilité de leader parlementaire.

Réalisations

Évidemment, le fructueux parcours du politicien fut jalonné de plusieurs réalisations.

«L’élargissement de la route 139, les écoles, l’institut technologique, les terrains que l’on a construits au Verbe [Divin] et à J-H Leclerc. La maison des aînés, les logements. Le centre mère-enfant», énumère-t-il, entre autres.

Lorsqu’il regarde derrière son épaule, François Bonnardel se dit principalement fier de la confiance que la population lui a témoignée au cours de ses six mandats.

«Les Granbyens m’ont dit merci mille fois. […] Et la plus belle chose que les gens peuvent me dire, c’est que le gars qu’ils ont connu en 2007, il est le même aujourd’hui.»

Relève

Humilité, empathie et écoute. Ce sont les trois ingrédients requis selon François Bonnardel pour être un bon politicien en 2026.

«Ça prend un mix de jeunes et moins jeunes, de personnes avec de l’expérience qui vont pouvoir amener leurs idées. De suivre les pas de ceux qui ont été là avant eux. D’y aller avec des convictions et de la passion», met-il également en relief.

En près de 20 ans, le vétéran a vu s’opérer bien des changements dans l’univers politique. Du beau, certes, mais également l’envers de la médaille.

«Malheureusement, la politique a perdu, dans une certaine mesure, ses lettres de noblesse, concède-t-il. Mais, il ne faut pas que les gens voient ça comme un frein. Il y a encore beaucoup à faire. Et on a besoin de gens qui veulent changer les choses.»

Les réseaux sociaux sont au cœur du côté sombre en politique.

«C’est immensément malsain, déplore-t-il. Je suis beaucoup moins présent sur [ces plateformes]. C’est trop méchant. C’est plus compliqué depuis la pandémie. On dirait que les gens se sont trouvé une échappatoire, en pensant qu’ils sont maîtres de ce qu’ils peuvent écrire en envoyant promener tous les politiciens de la planète, impunément.»

Surprise

Bien que la CAQ traverse d’importantes turbulences, notamment avec l’annonce du départ de plusieurs députés et ministres au terme de leur mandat, François Bonnardel estime que le parti peut «causer la surprise» en remportant la prochaine élection.

«C’est audacieux, lance-t-il, mais pas impossible. […] La position où on est aujourd’hui, elle est bonne. On défend notre identité, notre langue et on a un aspect économique immensément grand. Je suis convaincu que la CAQ peut continuer de faire une différence.»

Il ne fait aucun doute dans son esprit qu’il sera là, durant la campagne électorale à venir, pour épauler la personne qui tentera de lui succéder.

L’avenir?

Et qu’est-ce qui attend François Bonnardel dans le futur?

«Je ne sais pas. Je saute dans le vide, image-t-il. Je suis encore jeune et en santé. Je peux encore aider, servir et conseiller. On verra ce que l’avenir va m’amener.»

Il dit vouloir prendre le temps de décanter, de laisser la poussière retomber et sortir du tourbillon politique pour passer du temps de qualité en famille.

«Mais, lance-t-il en riant, je ne suis pas du genre à me bercer durant trois à quatre mois.»

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