Nouvelle-Écosse: la cause du décès du grand requin blanc demeure inconnue

Les chercheurs du nord de la Nouvelle-Écosse n’ont pas encore déterminé la cause du décès d’un grand requin blanc qui s’est récemment échoué près de Pictou.
Selon la Marine Animal Response Society, le corps de ce requin mâle de 580 kg a été découvert vendredi sur une plage, où les chercheurs ont passé la fin de semaine à pratiquer une autopsie. Ce poisson de quatre mètres de long pèse autant qu’un ours blanc adulte.
La docteure Laura Bourque, du Réseau canadien pour la santé de la faune située à l’Île-du-Prince-Édouard, précise qu’aucune cause évidente de décès n’a été identifiée et que des analyses complémentaires sont nécessaires.
Le groupe d’intervention marine a indiqué que la carcasse était encore fraîche lors de son examen.
«Plus un animal est signalé rapidement, plus nous pouvons en apprendre, a noté le groupe. Les examens effectués sur des carcasses fraîches nous permettent de prélever des échantillons de meilleure qualité, de consigner les résultats avec plus de précision et de recueillir des informations précieuses sur des espèces qui se prêtent rarement à l’étude scientifique.»
Il est de plus en plus fréquent d’observer des grands requins blancs dans le Canada atlantique, a souligné le groupe.
Selon les experts, les mesures de conservation ont permis à la population de grands requins blancs de se rétablir après un déclin important dans les années 1970 et 1980. Certains éléments indiquent que le changement climatique a entraîné un réchauffement des températures océaniques, facilitant ainsi la propagation vers le nord de certaines espèces marines.
Des indices suggèrent également qu’un nombre croissant de grands requins blancs affluent dans la région pour se nourrir d’une source de nourriture abondante, notamment une population importante de phoques gris.
Sandra Malenfant, une habitante de la région, faisait partie des quatre kayakistes ayant découvert la carcasse sur une partie isolée de l’île Munroes, qui fait partie d’un parc provincial très fréquenté surplombant le détroit de Northumberland, entre la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.
Mis à part une plaie sur le côté du corps, le requin ne présentait aucun signe évident de blessure, a-t-elle précisé.
«Il n’y avait pas d’oiseaux aux alentours, rien qui semblait vouloir le manger, a remarqué Mme Malenfant, qui habite à Durham, en Nouvelle-Écosse, non loin de là. Il était encore assez frais.»
Lorsqu’on lui a demandé si cette découverte inhabituelle l’avait rendue nerveuse à l’idée de retourner dans l’eau, Mme Malenfant a balayé cette idée d’un haussement d’épaules. «Nous avons prévu une sortie vendredi prochain (…) Ça ne nous a pas fait peur.»
Selon l’Observatoire des requins du Saint-Laurent, la dernière fois qu’une personne a été tuée par un requin dans les eaux canadiennes remonte à juillet 1953, lorsqu’un requin avait percuté un bateau de pêche au homard, provoquant son chavirement. Le pêcheur s’était alors noyé, mais n’avait pas été mordu.
La base de données de l’observatoire sur les attaques de requins dans les eaux canadiennes comprend 30 cas remontant à 1691.
On ne recense que quatre autres cas de décès jugés plausibles et 24 incidents n’ayant entraîné aucune blessure.
La population de grands requins blancs de l’Atlantique Nord est protégée au Canada depuis 2011 et aux États-Unis depuis 1994. Outre des observations de plus en plus fréquentes, deux attaques ont été signalées en Nouvelle-Écosse ces dernières années.
En août 2021, la Gendarmerie royale du Canada de l’ouest du Cap-Breton a signalé qu’une femme de 21 ans aurait été mordue par un requin alors qu’elle se baignait près de l’île Margaree.
La jeune femme a été transportée par hélicoptère à l’hôpital pour avoir des points de suture à la cuisse, selon des articles.
Cependant, une entrée du Registre canadien des attaques de requins de l’observatoire indique qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour confirmer le récit de la femme, invoquant l’absence de photographies ou d’analyse médico-légale de sa blessure.
«Bien que plausible, aucune personne impliquée dans l’incident n’a publiquement présenté de preuve prouvant l’hypothèse du requin», précise l’entrée.
«Nous avons néanmoins conclu que l’hypothèse du requin blanc est hautement probable sur la base des observations de la nageoire dorsale, du lieu et du moment de l’incident, de la présence vérifiée de requins blancs marqués à proximité, de la proximité d’une zone d’alimentation, ainsi que de la nature de l’attaque elle-même.»
En octobre 2023, un chasseur anonyme a signalé qu’un requin avait tué son chien alors que celui-ci allait rapporter un canard marin près du rivage, à proximité de Port Medway, en Nouvelle-Écosse.



