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Évènements météorologiques | Comment mesure-t-on la pluie ?

Alors que certains secteurs du Québec s’attendent à recevoir des pluies abondantes d’ici mardi, des centaines de petits appareils mesurent en temps réel les précipitations qui s’abattent sur la province. Et ils le font patiemment, à certains endroits, depuis 1840. Comment fonctionnent-ils ? Qui compile ces données ? Voici un petit guide sur la pluviométrie, cette science peu connue du commun des mortels.

Les mesureurs de pluie

En juillet 2025, on trouvait 151 stations météorologiques d’Environnement Canada au Québec, la grande majorité équipée de pluviomètres pour mesurer les précipitations, dont 10 dans un rayon de 50 km autour de Montréal. Les deux plus importantes pour la métropole se trouvent à l’aéroport Montréal-Trudeau et au centre-ville, près du réservoir McTavish, en bordure de l’avenue du Docteur-Penfield.

CAPTURE D’ÉCRAN, GOOGLE MYMAPS

On trouve 10 stations météorologiques d’Environnement Canada dans un rayon de 50 km autour de Montréal.

« Presque toutes nos stations sont automatisées, ce sont des capteurs autonomes avec des programmes qui s’exécutent automatiquement », explique Mustapha Mayssan, chef de la surveillance atmosphérique Opérations Est d’Environnement Canada.

Les données sont envoyées en temps réel. L’alimentation électrique provient généralement du réseau public, « sauf dans les endroits très éloignés où on a installé des panneaux solaires », précise M. Mayssan.

Les amateurs de mystères vont être déçus : une station météorologique n’a rien de bien spectaculaire. « C’est généralement un enclos de 10 mètres sur 10 mètres, dans un espace bien dégagé, avec des appareils connectés à un ordinateur qui s’occupe de la collecte de données », ajoute l’expert. On peut en voir une, la station McTavish, la plus vieille de Montréal, en bordure de la rue du même nom.

Réduire les débordements

Aux stations d’Environnement Canada, il faut ajouter 51 pluviomètres installés par la Ville de Montréal, soit 45 sur son territoire et 6 à proximité.

CAPTURE D’ÉCRAN, GOOGLE MYMAPS

La Ville de Montréal compte 51 pluviomètres : 45 installés sur son territoire et 6 à proximité.

Les données y sont envoyées en temps réel par télémétrie. Combinées à des capteurs dans le réseau d’égouts, elles permettent de gérer l’afflux d’eau lors des grandes pluies. « Ce système optimise en temps réel les débits d’eau acheminés à la station d’épuration, maximisant ainsi la capacité de traitement et réduisant les débordements d’eaux usées dans les milieux aquatiques », explique par courriel Hugo Bourgoin, porte-parole de la Ville de Montréal.

La répartition de ces pluviomètres permet de constater les grandes disparités dans les précipitations sur le territoire de la métropole. « Les pluies ne sont pas uniformément réparties lors d’un évènement orageux ou pluvieux, précise M. Bourgoin. Il est possible qu’un secteur reçoive de grandes quantités de pluie qui seront captées par le pluviomètre de ce secteur, alors qu’un autre pluviomètre en aura reçu moins ou pas du tout pendant la même période. »

PHOTO ÉDOUARD DESROCHES, LA PRESSE

La station météorologique McTavish, dans le centre-ville de Montréal

Des statistiques très précises compilées par la Ville, à la minute, sont disponibles au grand public. La Presse a ainsi pu calculer que le pluviomètre ayant enregistré les précipitations les plus importantes entre 2022 et 2024 est situé sur la 13e Avenue, près du Petit Maghreb : il a reçu 3,9 m en deux ans. À l’extrême ouest de l’île, à Sainte-Anne-de-Bellevue, on n’a enregistré que 2,2 m durant la même période.

La Presse a également pu dresser un portrait des précipitations importantes, celles de plus de 10 mm en une journée sur la métropole, entre 2007 et 2024. On ne note aucune augmentation significative ces dernières années, mais la journée la plus pluvieuse sur cette période a été celle du 9 août 2024, lorsque la métropole a essuyé les restes de l’ouragan Debby, qui a laissé 154 mm de pluie en une journée.

Une invention du XVIIe siècle

Comment fonctionnent exactement ces appareils ? Les pluviomètres de la Ville de Montréal et environ la moitié de ceux d’Environnement Canada sont ce qu’on appelle des « pluviomètres à augets ». On les connaît également sous leur acronyme anglais TBRG, pour « Tipping Bucket Rain Gage ». Il s’agit d’un appareil inventé en 1662 en Angleterre, qu’on a perfectionné depuis et qui est le plus utilisé dans le monde par les services de météorologie.

Son principe est très simple : un entonnoir déverse goutte à goutte l’eau de pluie sur un système à bascule comportant deux petits récipients, les « augets ». Quand l’un est plein, il descend, fait basculer le système et se vide. L’autre auget monte, se remplit puis bascule à son tour. L’appareil émet un signal chaque fois qu’il bascule : c’est en comptant ces évènements qu’on obtient une mesure de la pluie tombée.

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Au Québec, les pluviomètres à augets généralement utilisés par Environnement Canada et exclusivement par la Ville de Montréal sont conçus pour basculer chaque fois qu’ils recueillent 0,25 mm de pluie. Le modèle le plus utilisé est le TB3, vendu par la compagnie Campbell Scientific.

Environnement Canada utilise également des « pluviomètres à pesée » qui recueillent les précipitations – pluie ou neige – et les convertissent en mesure une ou deux fois par jour plutôt qu’à chaque bascule.

PHOTO TIRÉE DU SITE KISTERS. COM. AU

Le modèle de pluviomètre à augets le plus utilisé est le TB3, vendu par la compagnie Campbell Scientific.

Ces appareils sont sensibles au vent et à la saleté, qui peuvent leur faire perdre leur précision. « Chaque station météorologique est inspectée une fois par année, précise Mustapha Mayssan, d’Environnement Canada. Nos techniciens font des tournées d’inspection annuelles et s’assurent que les données sont calibrées. »

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