Fillette tuée durant un voyage à New York | La mère de la victime a envoyé de nombreux messages au père cette nuit-là

(Elizabethtown) La mère de Melina Frattolin a envoyé de nombreux messages au père de sa fillette la nuit où sa disparition, à neuf ans, a été signalée, a appris un jury new-yorkais mercredi.
Publié hier à
19 h 11
David Hungerford, enquêteur spécialisé dans la cybercriminalité au sein de la police de l’État de New York, a témoigné sur la manière dont il a extrait des données du téléphone de Luciano Frattolin, notamment la géolocalisation, les messages texte et l’historique des appels.
Il a également extrait des données des téléphones de Melina et de sa mère, Kali Galanis.
Frattolin, âgé de 46 ans, est jugé pour meurtre au second degré et dissimulation de cadavre en lien avec le décès de sa fille, Melina Frattolin.
PHOTO CHRISTOPHER KATSAROV, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Luciano Frattolin
Il a plaidé non coupable et affirme que sa fille a été enlevée par deux hommes qui ont pris la fuite à bord d’une camionnette blanche.
L’affaire a suscité une vive émotion des deux côtés de la frontière canado-américaine, avec notamment des veillées aux chandelles et des hommages rendus à la fillette par les habitants de la région de New York où elle est morte.
Lors de son témoignage, M. Hungerford a présenté au jury les données de géolocalisation du téléphone de Frattolin la nuit où il a signalé la disparition de Melina. Ces données indiquent que le téléphone de Frattolin est resté immobile pendant environ une heure dans la zone rurale de l’État de New York, où le corps de Melina a été retrouvé plus tard. Un peu plus d’une heure après, il a appelé le 911 pour signaler l’enlèvement présumé.
Juste avant de quitter les lieux, les données du téléphone de Frattolin montrent qu’il a recherché le mot « Melina » sur Google Maps, a démontré M. Hungerford au jury.
Des messages échangés entre les parents de la fillette
L’agent a également présenté des messages échangés entre Mme Galanis et Frattolin ce soir-là.
Melina vivait à temps plein avec sa mère, et Frattolin et Mme Galanis étaient séparés depuis 2019, comme l’avait précédemment indiqué la police.
Peu avant 21 heures, au moment où il quittait les lieux où le corps de Melina a été retrouvé, Frattolin a indiqué à Mme Galanis qu’il arriverait à Montréal 20 minutes plus tard. Les données de géolocalisation recueillies par la police ont montré que son téléphone se trouvait alors à deux heures de route de Montréal.
« Je voudrais parler à Melina », lui a écrit Mme Galanis. « Elle dort », a répondu Frattolin.
Vers 21 h 40, Mme Galanis a repris contact avec lui. Frattolin a affirmé être à 15 minutes. Les données de géolocalisation ont montré que son téléphone se trouvait toujours dans le même secteur, s’éloignant de Montréal.
« Pourquoi es-tu toujours en retard ? », a demandé Mme Galanis. « À cause de la circulation », a-t-il répondu.
Vers 22 h, Frattolin a appelé le 911.
Pendant ce temps, Mme Galanis continuait de demander des nouvelles et tentait de contacter Frattolin de plus en plus fréquemment. Ses messages et ses appels restaient sans réponse.
L’accusation a également présenté quelques photos trouvées par M. Hungerford sur le téléphone de Frattolin, dont une de Melina, datée de la veille de sa disparition. Sur cette photo, elle pose sur le trottoir, vêtue des vêtements qui seront retrouvés plus tard sur son corps.
Plus tôt dans la journée, une experte médico-légale de la police de l’État de New York a témoigné mercredi avoir trouvé l’ADN de Luciano Frattolin et de sa fille Melina, âgée de neuf ans, sur ce short, qui se trouvait dans un sac poubelle récupéré près de l’autoroute, à quelques minutes en voiture du lieu où le corps de la fillette a été retrouvé.
May Scarlat a déclaré à la cour qu’elle n’avait pas pu identifier d’ADN sur les autres vêtements contenus dans le sac, notamment un t-shirt et des chaussures.
Mme Scarlat a précisé que l’ADN de Melina avait été identifié sur les vêtements qu’elle portait lorsque son corps a été retrouvé, notamment une veste présentant des traces de sang, mais que l’ADN de l’accusé n’avait pas été détecté sur ces vêtements.
Certains des autres vêtements que portait la jeune fille présentaient des traces d’autres profils d’ADN, mais en quantité insuffisante pour que Mme Scarlat puisse déterminer à qui ils appartenaient.
Mme Scarlat a souligné qu’il était possible que l’ADN ait été transféré depuis un autre endroit.
« Il est possible que des shorts ou tout autre type de pantalon, lorsque l’on s’assoit dans un lieu public, recueillent l’ADN d’autres personnes », a-t-elle dit.
Des facteurs environnementaux, tels que la chaleur et l’humidité, peuvent également influencer les analyses d’ADN, a-t-elle expliqué au jury.
Le procès de Frattolin doit reprendre jeudi, date à laquelle le témoignage de M. Hungerford concernant l’extraction de données téléphoniques devrait se poursuivre.




