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Texier meilleur complément que Bolduc au premier trio

Si l’on m’avait dit en début de saison qu’un ancien attaquant des Blues allait marquer 6 points en 24 heures aux côtés de Nick Suzuki et Cole Caufield, j’aurais été m’acheter un gilet #76 sur le champ. Mais c’est plutôt Alexandre Texier qui a connu ses deux meilleurs matchs en carrière devant une foule enflammée, alors qu’il est passé d’un rachat de contrat à une promotion surprise sur le premier trio d’une des meilleures équipes de l’Est en un peu plus d’un mois.

Bolduc est arrivé à Montréal avec plus de fanfares et d’attentes. Un Québécois choisi au premier tour et qui venait de terminer 8e dans la course au Calder, échangé contre un autre espoir de qualité, on espérait avoir trouvé un potentiel attaquant pour le top 6. Et bien que ce potentiel est toujours là, ses débuts sur la première ligne n’ont pas été aussi concluants que l’on aurait espéré.

Le premier trio est à son meilleur quand il peut s’installer en zone offensive et faire circuler la rondelle, cherchant la faille dans la défensive adverse en bourdonnant en zone offensive, frappant rapidement quand ils trouvent de l’espace. Avec Bolduc, l’unité semblait manquer de synchronisme et n’arrivait pas à exécuter son plan. Je trouvais que Bolduc prenait souvent une fraction de seconde de trop avant de faire une passe, ou qu’il était juste un peu hors position relativement à ce que Caufield et Suzuki s’attendaient. De petites imperfections qui font un monde de différences quand les deux autres joueurs sur la glace ont une connexion presque télépathique. Et c’est beaucoup demandé à un jeune joueur, qui après tout n’en est qu’à sa deuxième saison complète et qui jouait moins de 13 minutes par match l’an dernier.

C’était un problème qui n’existait plus avec Slafkovsky après plus de deux saisons complètes sur la même ligne et je suis convaincu que si Bolduc avait le même luxe, il trouverait son rythme et serait un bon complément pour 13-14 avec son jeu physique et son tir de qualité. Ce n’est pas sans rappeler sa saison recrue à St-Louis, alors qu’il a marqué 14 de ses 19 buts lors des 28 derniers matchs, après avoir eu la chance de vraiment trouver ses repères. Mais le CH n’est plus un club en reconstruction qui peut se permettre de vivre ces erreurs en accumulant les balles de loterie pour le repêchage. Non, c’est maintenant un club qui, malgré les blessures, n’est qu’à un point du premier rang dans l’Est et a besoin de résultats plus immédiats.

Martin St-Louis a donc décidé de remodeler ses trios, quelque chose qu’il ne fait pas souvent (Montréal a utilisé 28 combinaisons d’attaquants pour au moins 10 minutes cette saison, seuls les Flyers (27) en ont utilisé moins), donnant la chance à Texier, qui a répondu avec brio.

Bien qu’il n’ait jamais réussi à s’établir de façon permanente dans la LNH auparavant, Texier est clairement un joueur talentueux avec la rondelle. Les seuls extraits qu’on voyait de lui lors de sa signature étaient ses manoeuvres impressionnantes en tirs de barrage. Il a aussi accumulé beaucoup d’expérience au cours de sa carrière avant d’aboutir à Montréal. Plus de 200 matchs dans la grande ligue avec deux organisations différentes, plus d’une centaine dans la ligue d’élite de Finlande, 46 dans la ligue de Suisse, en plus de représenter la France en compétition internationale. C’est une tonne de joueurs et de styles différents auxquels il a été exposé, et je crois que cette expérience vient faire la différence pour compléter le duo sur la première ligne.

Il comprend plus intuitivement ce que Suzuki et Caufield essaient de faire en attaque, où se placer, et où ses coéquipiers sont sur la glace en tout temps. Il apporte aussi de la vitesse qui vient créer des opportunités en transition. Bref, tout semble fonctionner un peu mieux quand Texier est sur la première ligne comparativement à Bolduc, et les chiffres montrent la même chose.

Alexandre Texier, Zachary Bolduc Alexandre Texier, Zachary Bolduc (Sportlogiq)

Texier génère plus pour lui et ses coéquipiers par 20 minutes passées sur la première ligne que Bolduc. Il le fait aussi avec un taux de revirements plus bas, alors que tout est un peu plus fluide et dynamique. Dans les deux cas, on n’atteint pas les hauteurs des performances avec Slafkovsky, alors que l’unité avait un taux de buts attendus pour de 59%, voulant dire que près de 60% de l’offensive est en faveur du CH lorsqu’ils partagent la glace. Malgré tout, c’est passé de légèrement négatif avec Bolduc (48,5%) à positif avec Texier (53,5%). Une augmentation qui peut sembler minime, mais qui fait une grosse différence.

À long terme, le Canadien va probablement chercher à améliorer son premier trio, que ce soit un échange à la Dobson pour un attaquant ou l’arrivée d’espoirs comme Michael Hage ou Alexander Zharovsky. Pas le choix de progresser si tu veux tenir tête à une équipe comme l’Avalanche de cette saison. Mais un 3e trio composé de Texier, Newhook, et Kapanen dans quelques années, par exemple? Ça ne sonne pas mal du tout comme support offensif. Un trio qui a de la vitesse, du talent, et de la finition pour prendre avantage de compétition plus facile pendant que le top 6 affronte les meilleurs efforts défensifs de l’autre équipe, tout en restant responsable défensivement. Et en cas de blessures, tu sais qu’il est capable de remplacer sur la première unité pour quelques matchs au besoin.

Pas trop mal pour un joueur signé en pleine saison et qui coûte moins que ton 4e gardien.

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