SAAQclic: les PDG de la SAAQ et Karl Malenfant seront durement blâmés

La haute direction de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) sera la principale cible des blâmes du commissaire Denis Gallant, si l’on se fie aux préavis de manquements transmis à celui que l’on surnomme l’architecte du fiasco SAAQclic: Karl Malenfant. Du côté politique, seule la ministre Geneviève Guilbault risquerait d’être sévèrement blâmée, une partie de son témoignage ayant été jugée «non crédible».
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Les allégations visent surtout l’ex-vice‐président aux technologies de l’information, Karl Malenfant. Ce dernier a dévoilé mercredi les 48 préavis de manquements qui lui ont été envoyés par la Commission avant les fêtes.
La lecture de ces avis donne un aperçu clair des conclusions du rapport qui sera dévoilé ce lundi à Québec.
M. Malenfant réfute l’ensemble des accusations du juge Gallant, chargé de faire la lumière sur ce fiasco, qui pourrait coûter jusqu’à 1,1 milliard $ d’ici 2027, selon le Vérificateur général du Québec (VGQ).
Dans les documents consultés, l’ex‐PDG Nathalie Tremblay, l’ex-PDG Denis Marsolais et l’ancien vice‐président Karl Malenfant auraient manipulé des informations afin de dissimuler aux élus l’explosion des coûts et la déroute du projet.
D’importants pans de leurs témoignages et de leur défense ne seraient «pas jugés crédibles à la lumière de la preuve administrée».
La Commission estime par ailleurs que Karl Malenfant a veillé à diriger certains contrats de la SAAQ «sciemment et à l’encontre de diverses règles contractuelles» vers des connaissances.
«Les décisions sont souvent prises de façon solitaire par Karl Malenfant», indiquent les préavis.
De plus, les «informations fallacieuses transmises par la SAAQ aux parlementaires et au gouvernement ne sont pas le fruit d’erreurs d’inattention», soutient la Commission.
La haute direction aurait notamment caché aux élus de l’Assemblée nationale les coûts du projet et dissimulé des dépenses supplémentaires totalisant 222 M$.
«Une action consciente visant à masquer la réalité aux parlementaires», note le document.
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Que reprocher aux ministres?
Une question demeure: qui savait quoi sur le plan politique? Selon les préavis, la haute direction de la SAAQ aurait délibérément caché les coûts réels et les risques du projet lors des comptes rendus effectués auprès des ministres Éric Caire et François Bonnardel.
Bien que la SAAQ ait identifié des besoins additionnels, «Nathalie Tremblay et Karl Malenfant répondent que tout va bien», «ce qui est assurément faux», souligne la Commission.
Un scénario similaire se serait produit lors de la présentation à Éric Caire de l’état des tests intégrés finaux. Malenfant conteste toutefois vigoureusement ces allégations, documents à l’appui.
Les ministres et leurs équipes ont‐ils posé suffisamment de questions? Lors de leur témoignage, ils ont répété n’avoir aucun souvenir de plusieurs discussions au sujet de SAAQclic. Aucune note de ces rencontres n’existe.
Il faudra voir ce que conclura le commissaire Denis Gallant.
Maintenant, comme notre bureau parlementaire l’a révélé il y a quelques semaines, une partie du témoignage de la ministre Geneviève Guilbault serait jugée non crédible. Mme Guilbault et son cabinet ont toujours affirmé n’avoir appris l’ampleur des dépassements de coûts du projet SAAQclic qu’à la publication du rapport du VGQ en février 2025.
Or, les témoignages et preuves déposés devant la Commission démontrent que la ministre Guilbault avait reçu l’ensemble des informations financières, incluant les dépassements de coûts et les extra, dès avril 2023.
Le juge Denis Gallant lira publiquement ses conclusions à 11h30.



