Milan referme la page des Paralympiques, la France se prépare à l’ouvrir

Après plus de 10 jours de compétition, sans incident majeur malgré le retour mouvementé de la Russie sous son drapeau, Milan Cortina referme dimanche le chapitre des Jeux paralympiques, qui s’ouvre déjà pour les Alpes-2030 en France.
Avant même la dernière épreuve de la journée, la finale États-Unis-Canada en hockey sur glace, la Chine est certaine d’à nouveau dominer le tableau des médailles (44, 15 en or) comme il y a quatre ans à Pékin, où sa nouvelle puissance dans les sports d’hiver avait éclaté au grand jour.
La France, le prochain pays hôte, affiche 12 médailles, en deçà de son objectif (environ 18). Elle se trouve à la sixième place, loin derrière le trio de tête qui est complété par les États-Unis et la Russie (12 médailles, huit titres), dont le retour sous son drapeau, acté en partie en septembre dernier – avec le Bélarus – a fait l’objet de la colère de l’Ukraine et d’autres pays européens. Il n’a cependant fait l’objet d’aucun incident majeur en Italie, bien que son hymne ait déjà résonné à huit reprises.
Il y a quelques jours, après la victoire du duo russe composé d’Anastasiia Bagiian et de son guide Sergei Siniakin dans l’épreuve féminine de sprint de ski de fond (catégorie déficients visuels), la fondeuse allemande Linn Kazmaier et son guide Florian Baumann ont tourné le dos au drapeau russe en guise de protestation.
Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiarev, a qualifié samedi ce geste de « consternant » et « antisportif » et a estimé qu’il s’agissait d’un incident isolé émanant d’une minorité déterminée à boycotter la Russie.
De son côté, le comité ukrainien s’est plaint de voir ses athlètes subir des pressions”de la part de l’IPC (Comité paralympique international) et du comité organisateur, entre drapeau déplacé dans le village et une demande faite à la championne paralympique de biathlon Oleksandra Kononova de retirer sur le podium des boucles d’oreilles sur lesquelles étaient inscrites « Stop à la guerre ».
Place aux Alpes
Lors de la cérémonie d’ouverture, le 6 mars, à Vérone, plusieurs comités paralympiques avaient d’ailleurs boycotté la soirée. Interrogée par l’AFP, l’IPC a indiqué qu’aucun comité n’avait, à la mi-journée samedi, communiqué son souhait de renoncer de nouveau à la cérémonie de clôture, qui se déroulera cette fois au stade olympique de Cortina.
Sans en officialiser la raison, plusieurs pays ont en tout cas indiqué ne pas y prendre part, notamment l’Ukraine, selon la liste des porte-drapeaux communiquée par l’IPC.
L’avant-Jeux avait par ailleurs été marqué par l’absence dans les derniers instants de l’Iran, son seul athlète, le fondeur Aboulfazl Khatibi Mianaei, n’ayant pu voyager en Italie, compte tenu de la guerre au Moyen-Orient.
Dimanche soir, le pays hôte passera désormais le flambeau à la France, chargée d’organiser la prochaine édition des Jeux en 2030, dans les Alpes.
Comme pour les Jeux olympiques, le dévoilement de la carte définitive des sites, répartis entre les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, est attendu pour juin prochain.
« Les Jeux en Italie sont les premiers à être aussi éclatés et les Alpes-2030 seront sur ce modèle-là donc nous devrons être attentifs », avait déclaré en janvier dernier la présidente du Comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur.
Entre expérience des athlètes, stratégie de billetterie ou question de l’accessibilité de la montagne, la France aura encore quatre ans pour préparer ses Jeux. Elle pourrait aussi connaître le retour des athlètes du sport adapté, privés de Jeux paralympiques d’hiver depuis 1998.




