Dune : Part Three | En route vers une conclusion épique

(Los Angeles) « C’est beaucoup de monde pour une bande-annonce », a lancé Denis Villeneuve devant la salle comble d’un cinéma de Los Angeles lundi. En effet, on aurait dit un soir de première, avec la présence de Zendaya, Javier Bardem, Anya Taylor-Joy et Robert Pattinson, qui n’avaient pas dû beaucoup dormir en ce lendemain des Oscars.
Publié à
12 h 30
Or, des journalistes de partout avaient fait le voyage uniquement pour voir la première bande-annonce de Dune : Part Three, qui sera la conclusion « épique » de cette incroyable aventure cinématographique pour le réalisateur québécois, présenté dans une vidéo par Timothée Chalamet comme un « maître du cinéma ».
Il n’y avait que Dune et Denis Villeneuve pour m’envoyer aux États-Unis où je n’avais pas mis les pieds depuis 2020. J’ai souvent exprimé mon admiration, voire ma gratitude, envers le cinéaste qui a réussi à transposer de sublime façon l’univers de Frank Herbert au grand écran. Je n’allais pas rater le coup d’envoi d’un engouement mondial qui culminera avec la sortie du film le 18 décembre, à voir sur le plus grand écran possible, et dont la bande-annonce a été dévoilée mardi.
Denis Villeneuve ne pensait pas revenir si rapidement avec cette suite, attiré par d’autres projets, notamment le prochain James Bond. Mais l’accueil du public l’a tellement impressionné qu’il a senti « une responsabilité de terminer l’histoire », a-t-il confié à l’animateur de l’évènement, Reece Feldman.
PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.
Timothée Chalamet dans Dune : Part Three
L’autre raison est que je continuais de me réveiller au milieu de la nuit avec des images de Dune inspirées par Le messie de Dune, ça revenait sans cesse et je me suis dit : OK, faisons-le.
Denis Villeneuve, réalisateur de Dune, à propos de son empressement à terminer la trilogie
J’ai l’impression que les fans de Dune seront eux aussi hantés par les images de Dune : Part Three, qui sera beaucoup plus sombre et tragique. Après tout, il s’agit d’une fable sur la façon dont le pouvoir absolu finit par détruire celui qui le possède. Le cinéma n’avait pas encore offert la vision complète de Frank Herbert, qui a écrit Le messie de Dune pour renverser l’idée d’un Paul Atréides héroïque et nous prévenir du danger d’espérer un sauveur.
C’est d’ailleurs le livre préféré de Denis Villeneuve dans cette saga. « Je dirais que c’est l’un de mes films les plus personnels, sinon le plus personnel, a-t-il ajouté. Parce qu’il raconte l’histoire de Paul et de Chani, qui luttent dans leur relation, avec le fardeau et la pression incroyable du monde autour d’eux. »
Pour Zendaya, retrouver une dernière fois le rôle de Chani est émouvant. « J’ai grandi toute ma vingtaine en faisant ces films, alors ils ont une place spéciale dans mon cœur et je suis vraiment reconnaissante d’en faire partie. »
Un monde transformé
Situé 17 ans après la conquête d’Arrakis par Paul et le peuple Fremen qui ont lancé une guerre sainte dans l’univers, Denis Villeneuve annonce un film très différent des précédents, dans le ton et le rythme. On verra d’autres planètes et d’autres décors, car même le climat désertique de Dune a changé. Linus Sandgren succède à Greig Fraser comme directeur de la photographie, mais la musique sera toujours signée par Hans Zimmer.
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Denis Villeneuve lors de la première montréalaise de Dune : Part Two, en 2024.
Je me suis dit que c’était une bonne idée de revenir dans cet univers non par nostalgie, mais par urgence, d’y aller avec un œil critique et l’idée de ne pas être complaisant. Si le premier film était plus contemplatif, et le deuxième un film de guerre, celui-ci est un thriller.
Denis Villeneuve
Paul doit affronter les conséquences de son pouvoir et de son invincibilité, du fanatisme religieux dont il est l’objet et du cycle de la violence qu’il veut freiner. Nul mieux que Stilgar (Javier Bardem), ce vieux combattant fremen qui a tant cru en son Lisan al-Gaib, ne représente ce déchirement. « Il voit ce que signifie être au pouvoir après longtemps, explique Javier Bardem, et il est dans cette contradiction entre la loyauté envers ses idéaux auxquels il a cru et pour lesquels il s’est battu autrefois et le résultat de ces idéaux qui sont devenus quelque chose qui n’est pas ce dont il avait rêvé. C’est une bonne analogie sur l’idée du pouvoir et avoir le pouvoir. »
PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.
Jason Momoa dans Dune : Part Three
Avis à ceux qui n’ont pas lu le roman, Duncan Idaho (Jason Momoa) sera de retour, « et il revient juste au bon moment », note Villeneuve, sans en dire plus, le coquin.
De nouveaux personnages cruciaux font leur apparition dans Dune : Part Three, celui d’Alia (Anya Taylor-Joy, évoquée dans le deuxième film), sœur de Paul surnommée l’Abomination parce qu’elle est née avec tous les dons d’une Révérende Mère, et Scytale (Robert Pattinson), créature qui travaille à la chute de l’empereur.
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Robert Pattinson incarne Scytale
Les deux sont d’une absolue étrangeté. « Alia traîne le poids et la sagesse de générations dans sa tête, elle n’est jamais dans une conversation singulière, c’est toujours tout en même temps, précise l’actrice. Ce qu’elle ressent le plus fort est son amour et sa dévotion pour son frère, parce qu’il est la seule personne qui la comprend depuis avant même sa naissance et elle ferait tout pour lui. » Robert Pattinson, discret sur la nature de son personnage, est surtout heureux d’avoir rejoint le navire Dune. « Quand on voit la portée, l’échelle et l’ambition de ces films sur le plateau de tournage, on comprend pourquoi on le ressent sur grand écran. »
Le temps sera long avant de découvrir en entier la grande trilogie de science-fiction de Denis Villeneuve, qui s’inscrira à n’en pas douter dans l’histoire du cinéma.




