Zachary Bolduc est l’un des joueurs les plus malchanceux de la Ligue nationale de hockey

Comment expliquer la sécheresse absolue que traverse Zachary Bolduc, qui n’a pas marqué un moindre but à ses 30 derniers matchs ? En bonne partie par la malchance, apparemment.
La léthargie de Bolduc est d’autant plus surprenante qu’il avait trouvé, à pareille date l’an dernier, un second souffle dans la dernière ligne droite du calendrier régulier avec les Blues de St. Louis. Au retour de la Confrontation des 4 nations, il avait touché la cible 14 fois à ses 28 derniers matchs.
Ladite léthargie survient aussi au moment où Logan Mailloux sort de sa coquille à St. Louis. Le grand défenseur droitier n’a pas joué moins de 20 minutes dans une rencontre depuis le 26 février.
Qu’est-ce qui cloche avec Bolduc ? Et faut-il appuyer sur le bouton panique ? Nous avons sondé les robots de Sportlogiq pour en avoir le cœur net.
808e sur 809
Bien que Bolduc ne connaisse pas une saison du tonnerre et qu’il pourrait être plus impliqué dans certains aspects du jeu, comme la distribution de rondelle en zone offensive ou le jeu de transition, il se trouve qu’il est un des joueurs les plus malchanceux de toute la LNH.
Malchanceux comme dans… 808e sur 809 joueurs admissibles.
Phénomène bien réel au hockey, la chance ou la malchance est un concept que l’on peut calculer avec la statistique des buts marqués au-delà ou en dessous des « attentes ».
Ici, les attentes n’ont rien à avoir avec celles des partisans les plus férus du Canadien. Le terme « attendu », l’équivalent français de «expected» en anglais, désigne le nombre de buts que le joueur moyen aurait inscrits en fonction des chances de marquer qu’il a obtenues.
Les données de Sportlogiq indiquent que, durant la séquence sans buts de Bolduc qui remonte au 28 décembre, le Québécois aurait plutôt dû en marquer 6,07. Une différence énorme. Dans cette même période, seul Christian Dvorak, le fameux 809e joueur mentionné plus tôt, a marqué moins de buts en dessous des attentes, soit 7,89.
Quand un franc-tireur comme Bolduc, doté d’un aussi bon tir, cesse subitement de marquer, c’est rarement parce qu’il a oublié à jamais comment jouer au hockey.
Une saison en deux temps
Bolduc connaît une saison en deux temps avec le Canadien.
Du 7 octobre au 27 décembre, il a marqué 10 buts en 37 rencontres, un rythme de 22 sur une saison complète. Durant cette séquence, Bolduc a été utilisé en moyenne 1 minute et 58 secondes par match sur le jeu de puissance. Il avait commencé la saison sur le premier avantage numérique, avant de céder sa place à Ivan Demidov à la fin du mois d’octobre.
À partir du 28 décembre, période de sécheresse complète, Bolduc s’est contenté de 1 minute et 11 secondes par match avec l’avantage d’un homme. Sa moyenne a presque été coupée de moitié.
Voilà un autre facteur pour expliquer sa baisse de rendement offensif. Avec les Blues, Bolduc avait fait des ravages en avantage numérique, alors qu’il était posté à l’intérieur des points de mises au jeu et recevait les brillantes passes de Robert Thomas.
Apprentissage
À 23 ans et à sa deuxième saison complète seulement dans la LNH, l’ancien attaquant vedette des Remparts a travaillé particulièrement fort dans les derniers mois pour cerner son identité dans le système de Martin St-Louis.
Les données de Sportlogiq réaffirment son efficacité pour récupérer les rondelles en zone offensive. C’est l’une de ses forces et un atout qu’il continue de faire valoir à forces égales pour conserver son poste.
Or, ces mêmes données montrent que Bolduc n’a pas été impliqué dans beaucoup de jeux, sorties ou entrées de zone, en transition. Il n’a pas non plus contribué énormément à la possession de la rondelle. Celle-ci a passé bien peu de temps sur sa lame de bâton. Par conséquent, il a réussi peu de passes en zone offensive.
On observe donc une période de flottement dans laquelle il doit se réinventer dans un rôle moins offensif qu’à St. Louis.
N’empêche, si la rondelle avait moindrement « roulé » pour lui, Bolduc aurait facilement marqué plusieurs buts durant sa léthargie.



