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Bientôt des panneaux solaires dans les stationnements et sur les toits de centres d’achat

Hydro-Québec compte notamment sur l’énergie solaire pour augmenter sa production d’électricité au cours des prochaines décennies et aimerait utiliser les stationnements et les toits des centres d’achat pour y arriver.

La société d’État a déjà dévoilé son ambition d’augmenter sa production d’énergie d’ici 2035 de 11 000 MW. Cela représente 50 % de plus que la consommation actuelle de ses clients de la région de Montréal.

Et Hydro-Québec souhaite que 3000 de ces 11 000 MW proviennent de l’énergie solaire. La première étape de cet objectif a été un appel d’offres lancé l’an dernier pour des projets privés d’une production totale de 300 MW. Il se terminera à la fin du mois.

« Le premier appel d’offres de 300 MW servira notamment à obtenir des signaux de marché qui nous aideront à identifier les manières optimales d’atteindre la cible de 3000 MW au meilleur coût. L’appel vise des centrales photovoltaïques de petite à moyenne taille (jusqu’à 25 MW), raccordées à la basse et moyenne tension, avec des mises en service au plus tard en 2029 », explique Jonathan Côté, porte-parole d’Hydro-Québec.

Règles

C’est à l’intérieur de cet appel d’offres qu’Hydro-Québec a mis des balises sur les endroits où installer des panneaux solaires.


L’ombrière munie de panneaux solaires dans le stationnement de Simons aux Galeries de la Capitale


Photo Stevens LeBlanc

« Il y a une volonté claire de prioriser des implantations qui limitent l’occupation de nouveaux terrains. Cet esprit se retrouve à la fois dans le cadre de l’appel d’offres (favoriser l’installation sur des surfaces déjà artificialisées, encourager un usage secondaire/complémentaire, ou la revalorisation d’un site) et dans les préoccupations gouvernementales qui mentionnent l’intérêt d’installer des équipements sur des surfaces artificialisées, des stationnements ou des toits d’édifices, par exemple », souligne M. Côté.

Le coût

« Avoir de la production électrique près des centres de consommation est très bénéfique pour le réseau de transport, poursuit M. Côté. Quand une partie de la production est plus proche de la consommation, on peut réduire la pression sur certaines composantes stratégiques du réseau, notamment les postes en transport. Ceci est en cohérence avec l’idée de déployer le solaire d’une façon responsable qui aide à maintenir les coûts bas. »

Si l’économie sur les coûts de transport et les postes électriques est loin d’être négligeable, les panneaux solaires doivent être reliés à un onduleur pour produire du courant alternatif (courant domestique) et des batteries pour fournir une alimentation continue.

« Les résultats de l’appel d’offres vont nous donner des repères concrets sur les coûts au Québec. Globalement, les coûts du solaire ont fortement baissé au cours des dernières années et les perspectives restent à la baisse selon plusieurs analyses. Hydro‐Québec vise une combinaison de solutions (efficacité énergétique, éolien, solaire, etc.) au meilleur coût global, et l’appel d’offres de 300 MW sert précisément à obtenir des données de marché pour calibrer la suite », détaille Jonathan Côté.


Pierre-Olivier Pineau


Photo MARTIN ALARIE

Pour Pierre-Olivier Pineau, professeur aux HEC et titulaire de la Chaire de recherche du secteur de l’énergie, « le solaire a sa place, de manière décentralisée pour économiser sur les coûts de transport et de distribution. Si du stockage permet aussi de répondre aux besoins locaux en dehors des heures d’ensoleillement, alors il y a un réel potentiel. Mais ce potentiel dépend vraiment des coûts d’installation, de stockage et des prix des alternatives, incluant les économies d’énergie. Il faut faire les calculs, ça change très rapidement. »

À l’heure où Hydro-Québec veut, d’ici 2029, des projets privés sur des surfaces déjà artificialisées, l’entreprise Simons installait dès 2018 des panneaux solaires sur le toit et le stationnement de son magasin des Galeries de la Capitale.

L’opération visait à rendre le magasin autosuffisant en énergie et non d’envoyer de l’électricité sur le réseau d’Hydro-Québec.


Des panneaux solaires chez Simons aux Galeries de la Capitale


Photo Stevens LeBlanc

Après avoir abaissé sa consommation d’énergie, notamment par un système géothermique, Simons a installé 3328 panneaux solaires bifaciaux à son magasin des Galeries de la Capitale. Il s’agissait alors d’une première utilisation au Canada de ces panneaux efficaces des deux côtés, qui permettent aussi de capter les reflets de la toiture, ou de la neige, à leur endos.

50 résidences

Les deux tiers des panneaux sont installés sur le toit du centre d’achat, alors que 1020 se retrouvent sur le stationnement, où ils recouvrent 133 cases.


Cette centrale photovoltaïque (solaire) a été inaugurée en novembre 2024 en France dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle regroupe 58 000 panneaux et peut produire l’énergie nécessaire pour répondre aux besoins de 15 000 habitants. Sa capacité est de 28,5 MW, ce qui donne une idée de l’ampleur des projets de l’appel d’offres d’Hydro-Québec qui sont limités à 25 MW. Elle est construite sur le stationnement de l’entreprise de transport CEVA Logistics sur une surface de 12 hectares (120 000 m2). TotalEnergies a investi 44 millions de $ dans le projet.


Ttirée du Facebook du Parc industriel de la Plaine de l’Ain

Au total, les panneaux ont une capacité de production de 1200 kW (soit 1,2 MW en comparaison de la taille maximale des projets de 25 MW de l’appel d’offres d’Hydro-Québec). La production annuelle est l’équivalent de la consommation de 50 maisons.

Simons a aussi indiqué que l’inclinaison des panneaux et leur surface lisse font en sorte qu’aucun déneigement n’est nécessaire et qu’ils ne nécessitent que peu d’entretien. Par ailleurs, la clientèle apprécierait la protection offerte contre les éléments par l’infrastructure portant les panneaux dans le stationnement.

Ailleurs

La France a établi un calendrier selon lequel tous les stationnements de plus de 1500 m2 doivent comporter des panneaux solaires sur la moitié de leur surface. Une superficie de 1500 m2 permet de stationner une cinquantaine de voitures.


L’Institut Fraunhofer pour les systèmes d’énergie solaire à Fribourg, en Allemagne, en collaboration avec l’Institut autrichien de la technologie, a planché au début de la décennie sur un projet de recouvrir les autoroutes de panneaux solaires.


Illustration Tirée du site de Fraunhofer ISE

Des panneaux solaires recouvrent aussi des stationnements en Ontario et aux États-Unis.

En Allemagne, une canopée de 35 m de long recouvre les quatre voies d’une autoroute menant à l’aéroport de Munich. L’installation peut fournir l’électricité de 70 maisons. Le projet-pilote inauguré en août dernier a coûté 6,6 millions de $.


L’État de la Bavière, en Allemagne, a mis en fonction en août 2025 une canopée de panneaux solaires sur une autoroute menant à l’aéroport de Munich. Mesurant 35 m de long, elle couvre les quatre voies et le terre-plein. L’installation peut fournir l’électricité de 70 maisons. Contrairement aux panneaux qui recouvrent les stationnements, ceux-ci sont transparents pour éviter l’effet tunnel. Le projet-pilote a coûté 6,6 millions de $. La Chancellerie cherche à rendre «économiquement viable l’utilisation de l’énergie solaire sur les surfaces d’infrastructure».


Photo Tirée du site la Chancellerie d’État bavaroise

Des subventions pour les projets domestiques

Depuis le début de l’année, Hydro-Québec offre une subvention pour l’ajout de panneaux solaires de 1000 $ par kilowatt installé, jusqu’à une limite de 40 % du coût total. Selon la société d’État, cela peut représenter une aide de 5000 $ pour une maison de taille moyenne et de 40 500 $ pour un bâtiment commercial.

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