Victoire de Montréal | Catherine Dubois : des gradins au premier trio

Il est plutôt inhabituel de voir une joueuse passer des gradins au premier trio de son équipe en quelques jours seulement. Ç’a été le cas de Catherine Dubois, ces dernières semaines. Et elle a bien profité de l’occasion.
Publié hier à
16 h 35
Au début du mois de mars, Dubois a été laissée de côté pour deux rencontres de la Victoire de Montréal. Une quinzaine de jours plus tard, Marie-Philip Poulin s’est blessée… et c’est Dubois que Kori Cheverie a placée sur le premier trio aux côtés de Laura Stacey et d’Abby Roque.
Catherine Dubois l’admet ; apprendre qu’elle ne jouerait pas alors qu’elle était en pleine santé, il y a un mois, n’a pas été facile. « Ça fait mal, ça te secoue un peu », a-t-elle relaté mardi, après l’entraînement de l’équipe à l’Auditorium de Verdun.
Évidemment, dans une telle situation, il n’en revient qu’à la joueuse de répondre adéquatement. C’est, semble-t-il, ce que la favorite de la foule montréalaise a fait.
Dans ma personnalité, quand je me fais secouer, je pense que j’ai une petite motivation supplémentaire. J’essaie de me garder dans le moment présent, de faire les choses encore mieux, d’être meilleure.
Catherine Dubois
Depuis sa promotion, la grande numéro 28 fait très bonne figure, elle qui n’avait inscrit aucun point en 13 parties jusque-là. Elle a, notamment, inscrit quatre buts en quatre parties. Lors du dernier match, contre les Sirens de New York le 28 mars, elle a lancé trois fois au filet et marqué deux fois en 10 min 27 s de temps de jeu seulement.
Devant les médias, mardi, l’attaquante a refusé de s’emballer. Elle affirme ne pas avoir changé quoi que ce soit à son style de jeu. « J’ai eu des opportunités qui m’ont donné une chance de me mettre de l’avant et je suis vraiment reconnaissante de ça. »
« Elle n’a pas changé »
Quand une joueuse connaît de bons moments, les journalistes doivent souvent se tourner vers ses coéquipières pour en parler un peu plus. C’est ce qu’on a fait et, effectivement, Laura Stacey était ravie de se faire interroger sur le travail de Catherine Dubois.
La vétérane s’est d’abord dite « fière » de sa coéquipière, évoquant s’être elle-même retrouvée « dans ce rôle-là de nombreuses fois ». « C’est dur, quand tu passes des gradins pour quelques matchs, à jouer sur le premier trio. Tout ce que tu veux faire, c’est aider ton équipe. Tu commences à serrer ton bâton un peu plus parce que tu obtiens enfin cette opportunité. »
Je suis vraiment heureuse de la façon dont elle a géré ça. Elle n’a pas changé, n’a pas essayé d’être quelqu’un d’autre. […] Elle joue son style de hockey. Elle fonce au filet, elle amène des rondelles au but, elle obtient de bons lancers qui entrent dans le but.
Laura Stacey
Un peu plus tôt, Cheverie avait mentionné voir actuellement une « version professionnelle de Cath ». « Je pense qu’elle a beaucoup confiance en ce moment, peu importe avec qui elle joue. Elle doit seulement continuer de jouer de cette façon. »
L’entraîneuse-chef nous a d’ailleurs appris que l’attaquante avait été célébrée par ses coéquipières avant l’entraînement. Lors d’un tour de table, les entraîneurs ont demandé à Dubois ce dans quoi elle était bonne. Cette dernière a énuméré ses forces : « l’échec avant, la présence devant le filet… »
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE
Laura Stacey
« Les filles étaient genre : tu marques des buts ! s’est exclamée Cheverie. C’était plutôt comique qu’elles l’appellent “la marqueuse de l’équipe”. C’est super. Je pense que c’est la force de notre équipe : les joueuses s’élèvent les unes les autres. »
L’histoire ne dit pas si Dubois sera encore sur le premier trio pour le match de mercredi contre les Goldeneyes de Vancouver, à la Place Bell. Cheverie a d’ailleurs prévenu que « les trios ne resteront pas les mêmes pour le reste de la saison », comme ç’a été le cas tout au long de la campagne.
Mattivi « extrêmement heureuse »
L’arrivée récente de l’Italienne Nadia Mattivi chez la Victoire est quelque peu passée sous silence. La défenseuse de 25 ans, qui était la capitaine de l’équipe italienne aux derniers Jeux olympiques, a disputé les deux derniers matchs. Elle n’a pas obtenu beaucoup de temps de jeu, question de s’adapter à la Ligue professionnelle de hockey féminin.
« C’est le défi pour n’importe qui qui arrive dans la Ligue, a noté Cheverie. C’est de s’ajuster au rythme. Je sais qu’elle y arrivera très bientôt. »
PHOTO PETR DAVID JOSEK, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Nadia Mattivi (93) était la capitaine de l’équipe italienne aux derniers Jeux olympiques.
Mattivi, qui a pris le temps de se présenter à chaque journaliste présent à Verdun mardi, a raconté avoir été « extrêmement heureuse » d’être embauchée par Montréal après la fin de sa saison dans la ligue suédoise.
La grande défenseuse connaît bien la région métropolitaine pour s’y être entraînée pendant plusieurs mois avec l’équipe italienne avant les Fêtes. Et elle affirme avoir reçu un bel accueil de ses nouvelles coéquipières, qui ont rendu sa transition « très facile ».
« C’est une équipe qui a déjà vécu beaucoup de choses. J’arrive ici en voulant garder les choses simples. J’essaie de m’adapter aux systèmes, d’apprendre à connaître les joueuses, la façon dont elles jouent, aussi vite que possible. »
Ce mercredi, elle aura son baptême local à la Place Bell.




