Plan libéral pour protéger le français | Des mesures moins coercitives et un « libre choix » au cégep

(Sherbrooke) Au terme d’un dernier conseil général de ses membres avant les élections, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, prévient qu’il « ne peut pas y avoir de camp du Noui » advenant la tenue d’un troisième référendum promis par le Parti québécois.
Pour M. Milliard, le « Noui » s’incarne désormais à la Coalition avenir Québec (CAQ), dans le contexte où le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, a affirmé qu’il voterait Oui, tandis que le ministre du Travail, Jean Boulet, a dit qu’il voterait Non.
« Le Québec a besoin d’un écosystème économique prévisible pour prospérer et réparer les pots cassés. C’est tout le contraire de ce que nous offre la promesse d’un référendum », a affirmé le chef libéral dans son discours de clôture.
« Paul St-Pierre Plamondon est déconnecté des réalités des Québécois. […] Nous, M. St-Pierre-Plamondon, on ne veut pas séparer le Québec, on veut réparer le Québec », a-t-il ajouté, chaudement applaudi dans ses critiques envers le chef péquiste, qui mène dans les sondages.
Un ancien jeune caquiste chez les libéraux
Dans la salle de congrès de l’hôtel Delta où s’étaient réunis quelques centaines de libéraux vendredi et samedi en Estrie, l’ancien président des jeunes caquistes Victor Pelletier est de ceux qui se disent déçus de la « troisième voie » incarnée par la Coalition avenir Québec (CAQ).
PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE
Victor Pelletier
M. Pelletier dit avoir trouvé « crève-cœur » les budgets déficitaires de son ancien parti et déplore le ton moins « accueillant » des caquistes envers les immigrants.
Celui que l’ancien premier ministre François Legault décrivait comme un candidat « brillant, impliqué et dévoué » lors de l’élection partielle dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne, en 2023, est enthousiasmé par le désir des rouges de reconquérir les régions.
M. Pelletier n’occupe aucun poste électif au sein du PLQ et n’entend pas se présenter comme candidat lors des prochaines élections. Il salue le parcours de la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, mais estime qu’elle incarne la continuité du bilan de François Legault.
Un plan moins « coercitif » pour le français
Même s’il était question d’économie lors d’un panel, le thème qui a une fois de plus volé la vedette chez les libéraux est la défense du français, alors que le chef Charles Milliard fait miroiter le dépôt d’un « meilleur » plan que les plus récentes réformes linguistiques du gouvernement caquiste.
Peu de détails ont filtré à ce jour sur le contenu du plan, mais déjà, les libéraux laissent entendre qu’il sera moins coercitif que la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (dite loi 96) de la CAQ. Un gouvernement libéral redonnerait aussi un certain « libre choix » aux citoyens pour choisir le cégep de leur choix, sans égard à la langue d’enseignement.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
André Pratte
Le président de la commission politique du parti, l’ancien sénateur André Pratte, estime que la « loi 96 » va trop loin en fixant un plafond sur le nombre des inscriptions dans les cégeps anglophones, puis en limitant le nombre de francophones et d’allophones qui peuvent fréquenter ces établissements d’enseignement supérieur.
M. Pratte déplore que le Québec limite « le choix des gens d’avoir l’éducation dans la langue qu’ils souhaitent à l’enseignement supérieur », ce qui revient à dire à des adultes quoi faire.
Impliquer les anglophones
André Pratte se dit également convaincu que l’électorat anglophone, qui soutient historiquement le Parti libéral, appuiera leur plan pour protéger le français.
« Ce qu’ils veulent aussi, c’est que leurs droits soient respectés et qu’ils n’aient pas l’impression d’être considérés comme des citoyens moins importants que les autres », a-t-il affirmé.
La députée libérale de la circonscription de D’Arcy-McGee à Montréal, Elisabeth Prass, assure que le plan linguistique de son parti n’imposera pas de nouvelles limites aux citoyens québécois afin d’inverser le déclin du français.
« On ne veut pas que ça soit coercitif […] comme la loi 96 », a-t-elle dit.
Sa collègue Désirée McGraw, députée de Notre-Dame-de-Grâce, abonde dans le même sens : « On n’est pas un problème à écarter », a-t-elle clamé.
Priorité à l’économie
Dans son discours de clôture, samedi, Charles Milliard a misé sur l’économie pour distinguer son parti de ses adversaires péquiste et caquiste. Le chef libéral n’a toutefois pas procédé à de grandes annonces ce week-end afin de dévoiler des pans de sa plateforme électorale.
« Le Québec doit être raisonnable au cours des prochaines années », a-t-il prévenu, réitérant sa promesse d’équilibrer les finances publiques déficitaires de la province d’ici 2029-2030.
« Je suis l’antithèse de Christine Fréchette, qui fait un buffet d’annonces sur la carte de crédit des Québécois. Je trouve ça indécent. On donne l’impression que les finances du Québec vont bien, mais [elles] vont mal », a-t-il dit.
Parmi les mesures qu’il a mises de l’avant, M. Milliard a affirmé qu’il voulait fixer un « moratoire » sur les règles et la réglementation qui alourdissent la reddition de comptes des petites et moyennes entreprises, mais aussi faire passer de 12 à 15 % la part du PIB québécois qui provient du secteur manufacturier.
Les libéraux de Charles Milliard proposent également de réduire le taux d’imposition des PME de 11,5 % à 10 % et de déposer une stratégie nationale de repreneuriat.




