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Cuba en péril: notre journaliste raconte son expérience dans un tout inclus à moitié vide

Cuba, l’île chouchou des vacanciers québécois, connaît aujourd’hui de grandes difficultés. Menaces de Donald Trump, pannes de courant, virus inquiétants… Le Journal s’est rendu sur place pour constater les effets de la crise.

VARADERO | Alors que les touristes désertent Cuba en masse, notre journaliste a passé deux jours dans un tout inclus où leur absence se fait sentir.

Sous le soleil des tropiques, les haut-parleurs diffusent une chanson de reggaeton autour de la grande piscine d’un cinq étoiles de Varadero.

En ce samedi de janvier, le seul à réellement l’écouter est le barman cubain qui se tourne les pouces. Les touristes, eux, sont introuvables autour de la piscine.


Notre journaliste Nora T. Lamontagne


Photo Nora T. Lamontagne

À mon passage au Paradisus, seules environ 300 des 794 chambres étaient occupées, selon la réceptionniste.


L’hôtel Paradisius


Photo Nora T. Lamontagne

C’était encore moins la semaine passée dans cet hôtel où plusieurs Québécois ont leurs habitudes.

Force est d’admettre qu’il règne une drôle d’ambiance dans cet hôtel à moitié vide. Des animations de fin de soirée sont annulées et des restaurants «à la carte» sont carrément fermés certains jours de la semaine.

Pas que du négatif

D’un autre côté, il y a toujours des transats de libres à la plage et il ne faut attendre qu’une dizaine de minutes pour se faire cuire des œufs au déjeuner.

Je n’ai vu que quelques moustiques ayant survécu aux importants efforts de fumigation sur toute la pointe de Varadero.

Oui, les pénuries d’aliments sont omniprésentes, comme c’est le cas depuis des années à Cuba.

Au Paradisus, ne cherchez pas les frites ou du bœuf, et attendez-vous à des poires en conserve au dessert.


Il ne faut pas s’attendre à de la grande gastronomie dans les tout-inclus


Photo Nora T. Lamontagne

Mais comme m’ont dit plusieurs touristes, «on ne va pas à Cuba pour la gastronomie».

Sans compter que la semaine avant mon arrivée, l’eau avait été coupée deux jours de suite.

«Tranquila»

Reste que les hôtels de ce genre sont des bulles d’abondance que le régime cubain cherche à préserver à tout prix pour s’assurer de la venue de touristes étrangers – et de leurs précieux dollars.

Vu l’incertitude entourant la livraison de pétrole vénézuélien à Cuba, j’ai avoué mon inquiétude que la situation empire à Miguel, qui organisait les sorties en catamaran.

«As-tu eu un quelconque problème depuis que t’es arrivée ici? Non? C’est ça», a-t-il répondu sarcastiquement.

«Tranquila, il ne nous arrivera rien ici», a répondu sa collègue réceptionniste, Aleja, à la même question, alors que sa superviseure pouvait l’entendre.

Leurs réponses volontairement rassurantes ont un fond de vérité. Les tout-inclus seront sûrement parmi les derniers à manquer de nourriture et d’électricité.

La vraie vie

Dans la vraie vie, le quotidien des Cubains est toutefois bien différent.

«Oui, oui, “on a de l’électricité”», affirme Luis, un serveur, en mimant les guillemets.

Ce père d’un enfant d’un an et demi me raconte à voix basse n’avoir eu du courant que pendant trois heures la veille à la maison, compliquant son train-train quotidien.

Peu d’employés l’avoueront, mais il s’agit d’une expérience commune dans la ville de Santa Marta, à seulement 20 km du resort.

Pour combien de temps encore?

Le jour de mon départ, de nouveaux touristes débarquent de l’autobus en provenance de l’aéroport et s’installent à leur aise pour des vacances bien méritées.

Pendant ce temps, des Québécois bronzés étendent leur serviette sur la plage pour prendre des couleurs, comme à leur habitude.

Comme si de rien n’était.

Alors que mon séjour à Varadero se termine, une seule question me reste en tête: combien de temps cela peut-il encore durer?

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