News CA

Rondelle libre | Le ménage à trois a souvent été essentiel

Un ménage à trois gardiens peut évoquer une réaction plutôt négative chez le partisan du Canadien.


Publié à
12 h 25

Le plus récent a exigé une gymnastique complexe de la part de la direction du CH pendant presque tout un hiver pour se retrouver les mains vides ou presque finalement : on a échangé le meilleur des trois, Jake Allen, pour un choix de troisième tour. Cayden Primeau a été échangé pour un choix de septième tour un an plus tard et Samuel Montembeault ne semble plus figurer dans les plans du Canadien.

Ainsi, l’arrivée du jeune Jacob Fowler suscite bien des discussions depuis son rappel de Laval. Certains ont de l’empathie pour le sympathique Montembeault, d’autres spéculent déjà sur l’identité du nouveau gardien numéro un d’ici la fin de la saison et en séries.

Mais un petit rappel historique s’impose ici. Tous les grands gardiens du Canadien sont nés d’un ménage à trois.

Rogatien Vachon et Phil Myre formaient un duo depuis deux saisons lorsque le jeune Ken Dryden est entré en scène à la fin de la saison 1971. Le CH avait raté les séries éliminatoires pour la première fois depuis 1948 la saison précédente. Il a fallu six matchs seulement à l’entraîneur Al MacNeil pour faire confiance à la recrue. Quelques semaines plus tard, Dryden et son club soulevaient la Coupe Stanley.

PHOTO JEAN GOUPIL, ARCHIVES LA PRESSE

Ken Dryden (à droite) en 1971

Patrick Roy a été dans un ménage à trois, non seulement à Montréal en 1986, mais aussi une saison plus tôt à Sherbrooke, dans la Ligue américaine. Son entrée en scène en fin de saison au sein du club-école du Canadien n’a pas plu aux vétérans Paul Pageau et Greg Moffett. Ce dernier s’était même plaint de la présence du garçon. Ses déclarations avaient fait la une des journaux le lendemain.

Pendant les séries, Pageau rate le quatrième match pour assister à la naissance de son enfant. Puis en deuxième période, la sangle de jambière de Moffett cède. Roy le remplace temporairement et brille au point où on retient Moffett sur le banc. Le gardien québécois ne quittera plus le filet, jusqu’au moment de soulever la Coupe Calder, le pendant de la Coupe Stanley dans la Ligue américaine. Et Moffett, victime du karma, ne jouera plus jamais au hockey professionnel…

Roy est ainsi préparé à ce qui l’attend la saison suivante, un ménage à trois avec Doug Soetaert et Steve Penney, l’improbable héros des séries de 1984. Penney s’attend à garder les filets en séries, mais Jean Perron cause la surprise en choisissant Roy. Une autre Coupe attend notre jeune gardien…

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Patrick Roy et Doug Soetaert avec la Coupe Stanley en 1986

José Théodore ne s’est jamais approché d’une finale, l’équipe était trop faible, mais il a remporté les trophées Hart et Vézina en 2002 et amené une grande stabilité à Montréal entre 1999 et 2005. Il aura permis d’effacer le traumatisme du départ de Roy.

Son entrée en scène a secoué le monde sportif montréalais, avec la présence de Jocelyn Thibault et de Pat Jablonski, et fait naître une phrase célèbre à l’époque : « Alain [Vigneault], qui goale demain ? »

Carey Price a imité Patrick Roy avec les Bulldogs de Hamilton en 2007. Yann Danis et Jaroslav Halak s’étaient partagé le filet pendant toute la saison jusqu’à l’arrivée du jeune prodige. Price a disputé seulement deux matchs à la fin de la saison régulière. L’entraîneur Don Lever lui a donné le filet. Les Bulldogs ont remporté la Coupe Calder.

Price a été promu à Montréal dès la saison suivante par le directeur général Bob Gainey. Il a fait la paire avec le gardien français Cristobal Huet, jusqu’à ce que celui-ci soit échangé aux Capitals de Washington en février 2009. On a alors rappelé Jaroslav Halak.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Carey Price et Jaroslav Halak en 2010

Les succès de Price ont fait en sorte qu’il n’y a pas eu de ménage à trois à Montréal pendant presque 15 ans. Il avait Price… puis les autres.

Il n’y a d’ailleurs jamais de ménage à trois avec un gardien de premier plan en place, seulement lorsque le numéro un est fragile ou dans les périodes de transition.

Nous en sommes là chez le Canadien. En espérant, évidemment, que Fowler puisse devenir le grand gardien espéré.

Et si c’est le cas, on retiendra son nom, au même titre que celui des Dryden, Roy, Price, même Théodore, et on oubliera, comme aujourd’hui, qu’il y a eu ces essais et erreurs, ces gardiens de transition, qui auront néanmoins été utiles dans des périodes plus difficiles.

La citation du jour

PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

Auston Matthews et Radko Gudas

Je n’ai pas vraiment vu le coup. Je lui ai passé la rondelle, mais je n’ai pas vu ce qui s’est produit par la suite. Je ne savais pas la gravité [de sa blessure]. J’aurais probablement dû y aller, le défendre.

William Nylander, qui explique pourquoi il n’a pas réagi lorsque le défenseur Radko Gudas a fait exploser le genou de son coéquipier Auston Matthews, jeudi soir.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button