Iran: Donald Trump a mal fait ses calculs

Imaginez un puissant taureau qui arrive devant un nid de guêpes. Le bœuf, agacé par les insectes qui tournaillent autour du nid, décide de régler leur cas… Il fonce tête baissée dans le nid, il le détruit, le réduit en charpie et en aplatit les alvéoles. Il tue plusieurs guêpes et détruit l’habitat des autres.
Le problème, c’est lorsqu’une seule petite guêpe pénètre dans son oreille et commence à le piquer à répétition (oui, les guêpes le peuvent). Alors, le taureau vire fou, se rue follement dans toutes les directions. Ses déplacements deviennent si convulsifs qu’il risque de tomber d’une falaise ou de se blesser sur un rocher.
Une petite fable de Mario pour illustrer que tu peux avoir la supériorité en force brute, avoir l’impression de tout détruire, mais demeurer vulnérable devant la capacité de nuire de ton ennemi. Dans mon histoire, le gros bœuf a tout détruit, mais a-t-il gagné ?
Supériorité, mais…
C’est la chose que Donald Trump a mal mesurée avant de déclencher son attaque contre l’Iran ou, disons, avant d’être entraîné dans cette guerre par Israël. Il a mal évalué la capacité de l’Iran à foutre le trouble dans le Golfe persique et à jeter du sable dans les engrenages de l’économie mondiale.
Lorsque le président américain et son secrétaire à la Défense multiplient les phrases fortes pour décrire leur supériorité militaire, ils ont raison et tort tout à la fois. Ils ont beau se vanter d’avoir complètement écrapouti l’armée iranienne et causé d’immenses dommages à ses infrastructures militaires, ils ratent un point essentiel : l’Iran conserve sa capacité de nuire.
Et de l’avis de maints experts, il sera quasi impossible d’anéantir les capacités de l’Iran sans que des soldats débarquent au sol et risquent leur vie, ce que Trump ne pourra jamais se permettre pour des raisons politiques.
Passage du pétrole
Prenons l’exemple du détroit d’Ormuz, le premier goulot d’étranglement de l’économie. L’Iran menace de faire feu sur tout navire, incluant les grands pétroliers, qui s’y aventureraient. Les bateaux qui s’avancent dans ce canal assez étroit deviennent hautement vulnérables à des tirs provenant de la rive.
À partir des terrains rocailleux de cette côte, des forces iraniennes avec un équipement minimal pourraient causer de terribles dommages par des tirs de canon, des lance-missiles ou des attaques de drones. Sans débarquer au sol et prendre le contrôle de tout ce territoire côtier, il sera essentiellement impossible de rendre le passage sécuritaire.
Et tant que l’Iran sèmera la peur dans le détroit d’Ormuz, le prix du baril de pétrole se maintiendra à un niveau dommageable. De surcroît,les fluctuations du prix du pétrole continueront de faire vivre des semaines angoissantes aux marchés financiers.
Je rêverais de voir tomber le régime iranien, pour le bien du monde. Malheureusement, après deux semaines de cette guerre, j’ai acquis une conviction : Donald Trump a mal fait ses calculs. Nous allons tous payer pour ça.



