La nouvelle conservatrice Maïté Blanchette Vézina doit des explications à ses électeurs

Certains diront que c’était écrit dans le ciel : Maïté Blanchette Vézina, ex-ministre de la CAQ, fera une Claire Samson d’elle-même et passera aujourd’hui officiellement au Parti conservateur du Québec.
Dans les dernier mois, elle n’a pas caché son rapprochement : ouvrant les portes de l’« assnat » à Éric Duhaime ; se pointant au congrès du PCQ, etc.
Mais je croyais que Mme Blanchette Vézina attendrait les mises en candidature, à l’automne, pour adopter l’étiquette PCQ.
Après tout, lorsqu’elle démissionne avec fracas, en septembre 2025, du caucus de la Coalition Avenir Québec, après avoir perdu son poste de ministre, Mme Blanchette Vézina avait affirmé : « Je vais être indépendante jusqu’à la fin de mon mandat. »
Février 2026, elle réitérait son engagement : « Par respect pour mes citoyens, j’avais quand même mentionné que je souhaitais terminer le mandat de manière indépendante. »
Promesse
Le fait de passer aux conservateurs constitue une première promesse rompue par la nouvelle députée conservatrice. Au PCQ, on insiste : elle s’expliquera aujourd’hui.
Bien. Mais on sait que le chef Éric Duhaime déteste les promesses rompues. Lorsque la CAQ avait décidé de se débarrasser du projet de troisième lien autoroutier, en 2023, le chef conservateur s’était déchaîné contre Éric Caire.
Certes, en 2018, Caire s’était emmuré dans un coin en affirmant qu’il se battrait jusqu’à la dernière goutte de sang pour que la CAQ construise un troisième lien à l’Est. Il avait mis son siège en jeu.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
En 2023, Duhaime le prend au mot. Rappelle que Caire a lui-même déposé, en 2011, un projet de loi (jamais adopté) permettant à des électeurs de destituer un élu qui a enfreint une promesse ou qui a changé de parti. Une pétition signée par 40 % des électeurs déclencherait une élection partielle.
Duhaime, donc, en 2023, lance une pétition (qui n’aurait qu’un effet politique) pour destituer le caquiste. Il débarque dans La Peltrie (circonscription d’Éric Caire), déclarant que pour ce dernier, sa « limousine vaut plus que sa parole ». Il ajoute, exhibant la pétition : « Il était le premier à réclamer la tête des élus. Aujourd’hui, le temps est venu de goûter à sa propre médecine. »
Principes
Sur le plan des principes, Éric Duhaime n’affectionne pas les transfuges et appuierait sans aucun doute un projet de loi pour les punir. Il défend cette idée depuis qu’il a travaillé pour la défunte Alliance canadienne.
Mais a-t-il le choix d’en solliciter ou d’en accueillir, des vire-capot ? Il a eu beau, en 2022, obtenir 530 786 voix, (60 291 de moins que le PLQ, qui, lui, a obtenu l’opposition officielle), notre mode de scrutin fut intraitable avec lui : il se retrouva sans élu.
Il faut dire aussi qu’il y a différentes sortes de transfuge : quand un élu passe de l’opposition au gouvernement, (comme on en voit chaque semaine ou presque à Ottawa), couvert de faveurs, on est devant un cas de figure bien différent d’une Claire Samson ou une Blanchette Vézina.
Mais cette dernière n’en est pas à son premier magasinage, (pour citer Gertrude Bourdon), elle a déjà été « membre de QS, du PQ et de la CAQ en même temps » !



