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La Banque du Canada est prête à bouger les taux | La Presse

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, mais se dit prête à baisser ou à augmenter les taux d’intérêt pour réagir à ce qui fera le plus mal à l’économie canadienne : les droits de douane américains ou la flambée des prix de l’énergie.


Mis à jour hier à
16 h 23

La maîtrise de l’inflation reste la priorité de la banque centrale, a rappelé mercredi son gouverneur, Tiff Macklem. « Si les prix de l’énergie restent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se transformer en inflation persistante », a-t-il assuré.

« Il faudra prendre d’autres mesures de politique monétaire et des hausses consécutives du taux directeur pourraient être nécessaires », dit-il.

PHOTO SPENCER COLBY, LA PRESSE CANADIENNE

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

À l’inverse, des baisses de taux sont à prévoir pour soutenir la croissance économique « si les États-Unis imposent d’autres restrictions commerciales importantes au Canada », a dit Tiff Macklem.

Le scénario actuel de la Banque du Canada et le maintien du taux directeur à 2,25 % reposent sur deux hypothèses : une baisse du prix du pétrole de 90 $ US à 75 $ US le baril et le maintien des droits de douane américains à leur niveau actuel.

« Il n’y a pas de trajectoire sans risque pour la politique monétaire », a résumé Tiff Macklem.

« Période difficile pour les banquiers centraux »

Les économistes sont du même avis. « Il s’agit d’une période difficile pour les banquiers centraux », ont commenté les économistes de Desjardins Randall Bartlett et LJ Valencia.

« L’incertitude accrue découlant tant de l’évolution du conflit au Moyen-Orient que de la politique commerciale américaine fait que l’économie canadienne est frappée simultanément par des chocs inflationnistes et désinflationnistes », soulignent-ils.

« Les prévisions de la Banque du Canada concernant la croissance économique et l’évolution de l’inflation sont presque identiques aux nôtres », note de son côté l’économiste de la Banque Royale Claire Fan.

À la Banque Nationale, les économistes sont d’avis qu’il est plus réaliste de croire que le prochain geste de la Banque du Canada sera une hausse plutôt qu’une baisse des taux d’intérêt.

« Si une hausse au dernier trimestre de l’année est plausible, nous continuons de croire que la Banque attendra 2027 », ont commenté Taylor Schleich et Warren Lovely.

L’inflation à 3 %

Le Rapport sur la politique monétaire publié par la Banque du Canada en même temps que sa décision sur le taux directeur n’est pas très différent du précédent, en janvier, sauf pour l’évolution de l’inflation.

Avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, la Banque du Canada pouvait se réjouir d’avoir ramené l’inflation à sa cible de 2 %. La hausse des prix du pétrole qui s’est rapidement répercutée à la pompe a fait bondir l’Indice des prix à la consommation de 1,8 % en février à 2,4 % en mars.

L’inflation devrait continuer de s’accélérer pour atteindre 3 % en avril et revenir à la cible seulement au milieu de 2027, prévoit maintenant la banque centrale.

Pour le moment, le gouverneur constate que la hausse des prix du pétrole ne s’est pas répercutée sur les prix des autres biens et services, mais ce risque augmente à mesure que le conflit au Moyen-Orient se prolonge.

Prix du pétrole élevé, effet neutre

Le Canada est un pays producteur de pétrole qui exporte la plus grande partie de ses ressources pétrolières. En théorie, l’économie devrait profiter de la flambée des prix du brut, mais la réalité est plus complexe.

La hausse du prix du pétrole sera positive pour les provinces productrices, comme l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador dont une partie des revenus est liée aux cours pétroliers. « L’impact de la hausse des prix du pétrole sur la croissance globale devrait toutefois être faible », estime la Banque du Canada, parce qu’elle met sous pression les consommateurs et bon nombre d’entreprises partout au pays.

La banque ne prévoit pas d’augmentation de l’investissement et de l’emploi dans le secteur pétrolier en raison de la hausse des prix.

L’économie résiste

Malgré les vents contraires, l’économie est en croissance et elle continuera de croître, selon la Banque du Canada, qui maintient ses prévisions de janvier. Les dépenses de consommation et les dépenses des gouvernements sont le moteur de cette croissance, tandis que les droits de douane américains freinent son élan.

Selon la Banque centrale, les exportations et les investissements reprendront graduellement et l’économie progressera de 1,2 % cette année, de 1,6 % en 2027 et de 1,7 % en 2028.

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