Rondelle libre | Acquisition de Phillip Danault : un choix de 2e tour bien investi

On a fait les gorges chaudes à Montréal ces dernières années en rappelant aux partisans des Oilers d’Edmonton que Lane Hutson a été repêché grâce au choix de deuxième tour de 2022, au 62e rang, obtenu pour le défenseur Brett Kulak.
Publié hier à
11 h 24
Il serait difficile de nier ce fait. Par contre, affirmer que Hutson a été échangé pour Kulak est évidemment tendancieux.
Les Oilers commençaient à s’élever au printemps 2022, après une reconstruction qui n’en finissait plus. Ils avaient atteint les séries l’année précédente et s’acheminaient vers une saison de plus de 100 points au moment de la transaction. Ils avaient besoin de stabiliser la défense.
Edmonton n’était pas à l’étape d’accumuler les choix au repêchage et, d’ailleurs, il n’avait pas nécessairement trouvé tant de perles au deuxième tour dans les 15 années précédentes, mis à part peut-être Ryan McLeod : Raphaël Lavoie, Tyler Benson, Marco Roy, Mitch Moroz, David Musil, Tyler Pitlick, Martin Marincin, Curtis Hamilton, Anton Lander…
D’ailleurs, parmi les 32 choix de deuxième tour en 2022, seulement 3 sont des permanents dans la LNH : Hutson, Fraser Minten et Ryan Greene. Mais il n’est pas trop tard pour en voir d’autres émerger. Edmonton n’aurait pas nécessairement choisi Hutson, évidemment.
Les Oilers ont donc donné au Canadien, un club en reconstruction, un billet de loterie afin d’avoir le maximum de dards pour trouver une perle.
Edmonton a atteint le carré d’as ce printemps-là et le DG Ken Holland a offert à Brett Kulak une prolongation de contrat de quatre ans, pour 2,75 millions par saison. Kulak était des deux finales consécutives des Oilers en 2024 et en 2025 et il s’est illustré entre autres l’an dernier, en l’absence de Mattias Ekholm, en jouant en moyenne 23 min 25 s par rencontre.
Le successeur de Ken Holland, Stan Bowman, l’a échangé au cours de l’hiver avec Stuart Skinner pour obtenir le gardien Tristan Jarry, mais en fin de compte, la transaction aura été bonne pour les Oilers.
Malgré la sympathie qu’il attire à Montréal, l’acquisition de Phillip Danault des Kings de Los Angeles en décembre pour un choix de deuxième tour a suscité des haussements d’épaules. Certains s’indignaient même du fait qu’on ait payé autant pour un centre de 32 ans en déclin : 5 petites passes en 30 matchs chez les Kings. On a probablement fait l’association entre Hutson et un choix de deuxième tour.
Mais la même logique s’applique au Canadien. Il y a des Hutson, des Romanov et des Subban, des Struble, Kapanen et Lehkonen si on veut être généreux, mais aussi des Kidney, Tuch, Mysak, Ylonen, Olofsson, Brook, Ikonen, De La Rose, Fucale, Collberg, Thrower, Kristo, Maxwell, Carle et compagnie.
Dans l’ombre, Danault a stabilisé le Canadien cet hiver, un peu comme l’a fait Alexandre Carrier l’an dernier. Le CH a maintenu une fiche de 29-11-5 depuis son arrivée.
Contre le Lightning de Tampa Bay mercredi soir, il a joué 19 min 40 s, dont les 3 dernières minutes en entier, avec une mince avance à protéger. Seul Nick Suzuki a joué davantage dans ce match. Le taux d’efficacité de Danault lors des mises en jeu se situe à 57,1 % après cinq matchs éliminatoires.
Comme les Oilers en 2022, le Canadien est en ascension et peut se permettre de sacrifier des choix. Montréal aurait pu payer davantage et tenter de s’offrir un joueur au profil offensif plus intéressant, comme Nazem Kadri.
PHOTO JAYNE KAMIN-ONCEA, IMAGN IMAGES, FOURNIE PAR REUTERS CONNECT
Nazem Kadri
Kadri a coûté des choix de premier et de deuxième tour à l’Avalanche du Colorado. Les Flames de Calgary ont accepté d’absorber une portion de son salaire, mais son contrat occupera quand même 5,6 millions sur la masse salariale du club pour trois années supplémentaires, et il aura 36 ans au début de la prochaine saison.
Il totalise 11 points en 20 matchs depuis son arrivée, séries incluses. Kadri a joué 13 min 47 s lors du dernier match, 14 min 7 s lors du précédent. Mais les séries commencent à peine pour l’Avalanche et lui.
Danault a eu 33 ans en février. Il lui restera un an de contrat, à un salaire de 5,5 millions. C’est un prix légèrement élevé compte tenu de sa production offensive, mais l’organisation n’est pas étouffée par le plafond.
Dans le contexte, l’acquisition en aura valu la peine, que le Canadien franchisse le premier tour ou pas. Et tant mieux si les Kings dénichent une perle au deuxième tour à l’été avec ce choix.
Le chiffre du jour : 23 min 27 s
Temps d’utilisation du défenseur Alexandre Carrier mercredi soir lors du cinquième match à Tampa. Après une saison régulière inférieure à la précédente, Carrier vaut son pesant d’or depuis le début des séries.



