Accident mortel en Ardèche : “Ils étaient tous comme des frangins”, dévastées, des mamans de victimes témoignent

Ce vendredi 1er mai 2026, cinq jeunes âgés de 17 à 19 ans ont perdu la vie dans un tragique accident. Au lendemain du drame, leurs familles, leurs proches et les habitants des communes dont ils étaient originaires réagissent.
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Ce 1er mai 2026, ils étaient toute une bande d’amis à la recherche d’un lieu de baignade en Ardèche. En début d’après midi, alors que les dix amis, répartis dans deux voitures, circulaient sur la RD 270, le premier véhicule manque un virage. Leur voiture chute de plus de 20 mètres dans un ravin et s’embrase. Aucun des cinq jeunes occupants n’a survécu.
Dans le ravin, le véhicule s’est embrasé avec à son bord, cinq jeunes de 17 à 19 ans, tous originaire du Rhône.
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Sur la route, les marques au sol orange vif, dessinées par les enquêteurs, décrivent la trajectoire de la voiture. Au moment d’aborder un virage, le véhicule a manqué le pont. Les cinq jeunes, quatre hommes et une femme, âgés de 17 à 19 ans, n’avaient aucune chance de s’en sortir. La RD 270 a été rouverte à la circulation, ce samedi 2 mai au matin. Sur les lieux du drame, dans la vallée de la Cance, entre Vernosc-lès-Annonay et Sarras, trois cyclistes s’arrêtent. Cette départementale peu fréquentée, ils la connaissent bien. ” Quand on voit ce virage, en descendant, il est hyperdangereux, dit l’un d’entre eux. Quand vous regardez la courbe, montre un autre cycliste, c’est une route dangereuse. On ne la prend quasi uniquement qu’à la montée quand on pédale.”
La carcasse de la voiture a été remontée, sur place, la végétation noircie indique l’endroit où elle est tombée, en flamme. Sur le bord de la route, un couple de riverain est venu se recueillir. La femme, émue, dépose une pierre sur laquelle elle a écrit quelques mots à l’intention des familles. “On a des enfants de cet âge-là”, dit-elle, “donc forcément, c’est choquant. “C’est effroyable”, dit son époux. “Nous habitons dans le coin, cette route, on ne la prend jamais, explique-t-elle. Quand on voit le vide, c’est terrible.” Submergée par l’émotion, sa voix devient rauque, “ma fille a 17 ans, je me sens concernée.”
Un couple et leur fille sont venus se recueillir sur les lieux du drame.
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Ce sont les occupants du second véhicule, arrivés sur les lieux de l’accident quelques minutes plus tard qui ont appelé les secours.
Dans un communiqué de presse, la procureure de la République de Privas, Céline Nainani explique au lendemain de l’accident, qu’ “il résulte des premières investigations et en particulier des premières auditions de témoins que le conducteur du véhicule accidenté roulait à une vitesse excessive sur une route étroite et sinueuse avant le drame”. Des investigations médico-légales et analyses toxicologiques d’usages sont en cours.
Une association d’aide aux victimes a été saisie afin d’accompagner l’ensemble des familles et des proches des jeunes gens.
Dans les heures qui ont suivi le drame, le directeur de cabinet du préfet de l’Ardèche s’est rendu sur place. Une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) a été activée.
Sur les réseaux sociaux, l’un des parents d’une victime a exprimé sa peine et posté des photos de son fils.
Avec dans la voix une tristesse incommensurable, Gwénaëlle Mas contactée par téléphone, témoigne. Son fils, Yannick 18 ans, fait partie des victimes. “C’était tout un groupe d’amis partis la veille, ils allaient rentrer le soir. Ils s’étaient connus grâce à la passion de la mobylette. C’était juste des jeunes qui avaient le plaisir d’aller dans des plans d’eau et s’amuser. Ils ne buvaient pas, ils ne fumaient pas. C’étaient pas des jeunes comme ça. Ils étaient tous comme des frangins. Tous ceux qui étaient dans la voiture, sont venus chez nous, chez les uns, chez les autres, en vacances avec nous. Ils étaient tous un peu comme nos enfants, à nous tous.”
L’affection et les liens qui unissaient les victimes ainsi que leurs familles rendent les circonstances de leur décès, encore plus douloureuses.
À Saint-Priest, une autre maman est en deuil, Floriane, celle d’Antoine, comme Yannick, il avait 18 ans. “C’était un groupe de meilleurs copains, passionnés de moto, 50 cm3, qui s’étaient connus dans un club ou au lycée. Un de leurs amis a déménagé à Andance en Ardèche, ils lui rendaient souvent visite. Ils étaient partis pour une soirée barbecue suivie d’une baignade. C’est en revenant de cette baignade qu’ils ont quitté la route. C’étaient des jeunes sérieux.” Dans la voiture, il y avait son fils, Antoine et sa petite amie, Paris, une jeune fille de Cailloux-sur-Fontaine.
Article écrit d’après les éléments de reportages de Yaëlle Marie, Sandie Goldstein, Denis Sébastien et Jean-Pierre Rivalain.




