News UK

“Un mec bien”, “grand cœur”, “ma référence” : Zverev – Cobolli, petite finale entre amis

Le circuit ATP est un microcosme. Un tout petit monde. Une sorte de confrérie où, mi-collègues, mi-confrères, ces jeunes hommes se côtoient tout au long de l’année à travers la planète. On se croise dans les avions, les hôtels, les vestiaires et parfois, bien sûr, sur le terrain.

Dans ce sport tellement individuel, l’autre est par définition un adversaire. Mais en dépit de leurs entourages, leurs staffs, leur “team” comme l’on dit maintenant, c’est aussi un monde solitaire et de solitudes. Alors, des liens se nouent. Proximité plus ou moins marquée, relation plus ou moins profonde, confinant parfois à l’amitié. Il arrive même que certains finissent par se retrouver ensemble dans une finale de Grand Chelem.

Dimanche, Alexander Zverev rentrera pour la quatrième fois sur un court avec, pour enjeu, un des quatre plus grands titres de son sport. Pour Flavio Cobolli, ce sera une grande première. Il est à parier que l’Allemand et l’Italien ont dû évoquer un jour ce sujet. Sérieusement ou en y mettant une touche d’humour, comme pour dédramatiser pareille ambition. Ou juste pour le plaisir d’en plaisanter. Ils ne se définissent pas comme amis, par pudeur ou par prudence de ceux qui n’ont pas le droit d’oublier qu’ils sont rivaux, mais leur lien est réel.

Le déclic de la Laver Cup

Entre eux, tout a commencé à la Laver Cup, en 2024. La luxueuse “comp-éxhibition” fondée et chaperonnée par Roger Federera a ses petits défauts et ses grandes vertus, comme tout un chacun. Elle a notamment l’avantage de permettre à des joueurs de se découvrir. Le contexte et l’enjeu, différents du reste de l’année, sont propices au rapprochement. On y joue en équipe sans y jouer sa vie, ni même sa carrière et pas davantage sa saison. Alors, on apprend à se connaître et, parfois, on se rapproche. À Berlin, où se tenait cette édition 2024, Flavio Cobolli est un débutant. 32e mondial et remplaçant, il ne joue pas, mais en profite pour observer et écouter.

Au sein de la “Team Europe”, celui que le Toscan connait de longue date, c’est Carlos Alcaraz, de la même génération que lui. “Nous avons le même âge et nous nous connaissons très bien. Nous avons une bonne relation, mais je préfère parler d’autres choses que de tennis avec lui”, explique alors Cobolli. Non, lui va chercher à se rapprocher de certaines de ses ainés. “J’ai demandé beaucoup de choses à Dimitrov et à Zverev. Des gars qui ont un peu plus d’expérience”, dit-il. ”On s’est rapproché pendant la Laver Cup, c’est là que ça a démarré”, a confirmé l’Allemand vendredi à Roland-Garros.

Pourquoi et comment deux joueurs qui, rappelons-le, sont avant tout des adversaires, partagent les mêmes doutes et les mêmes ambitions, établissent un lien et une connexion ? Cela s’appelle les relations humaines, tout simplement. Puis, la Laver Cup, c’est un peu comme les vacances quand on était ados. L’été, on se fait deux ou trois potes pour la semaine, on se promet de rester en contact, de s’écrire ou de s’appeler, mais il est rare que les mots soient suivis d’acte. Entre Zverev et Cobolli, cela ira plus loin que la parenthèse enchantée des vacances. “Je ne sais pas, avec certaines personnes, on garde naturellement le contact, et ça a été le cas avec Flavio”, glisse le numéro 3 mondial.

Les Italiens brillent sans Sinner : Que font-ils de mieux que les autres ?

Video credit: Eurosport

Avec lui, je peux parler sincèrement

Le champion olympique de Tokyo n’a que du bien à dire de son jeune confrère. “Pour moi, c’est juste un mec bien, avance Zverev. Il a un grand cœur. Il est très drôle, aussi, quand on apprend à le connaître. Je l’aime beaucoup, et j’adore également son père, qui est très marrant lui aussi.” Derrière la sympathie instinctive, il y aura aussi les conservations plus sérieuses. “Parfois, dans les moments plus compliqués, son père venait me voir, relance le Hambourgeois. Il me posait des questions, il en posait aussi à mon père, sur le tennis ou sur d’autres sujets, et j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à échanger avec lui.” 

“Nous avons une très belle relation, confirme de son côté Flavio Cobolli. C’est la personne qui me sert le plus de référence parmi les plus ténors du circuit. Avec lui, je peux parler sincèrement, il m’aide lorsqu’il sent que j’en ai besoin. Nous parlons de tout et de rien, pas seulement de choses sérieuses. On s’entend très bien avec le staff de Sascha, aussi. Son frère (Mischa, NDLR) m’a même offert le maillot de Harry Kane (l’attaquant anglais du Bayern Munich).”

Et de cinq demi-finales en 2026 pour Zverev : le résumé de sa victoire face à Cobolli

Video credit: Eurosport

Évidemment, au fil de ce Roland-Garros, chacun avançant de son côté du tableau, la perspective d’une possible finale entre eux a pris corps au fil des jours, jusqu’à se matérialiser vendredi. “C’est une des choses dont nous avons beaucoup parlé, il m’a toujours confié qu’il voulait gagner un Majeur plus que toute autre chose, confie le Transalpin. Il m’a rappelé que nous étions était amis, donc j’imagine que ça veut dire que je devrais lui laisser le match.” Puis il redevient sérieux : “Je dois passer au-dessus de ça. Pendant deux jours, il faut savoir débrancher le cerveau et ne penser qu’à soi. Mais c’est parce qu’il y a énormément de respect entre nous qu’on va se livrer une énorme bataille.”

Alexander Zverev acquiesce évidemment. Ce n’est ni un sujet ni une difficulté dans la préparation de ce rendez-vous dominical, si important pour les deux. “Quand vous jouez une finale de Grand Chelem, c’est simple de faire la part des choses, selon Zverev. C’est vraiment sympa qu’on puisse partager ce moment et je suis heureux pour lui, une première finale, c’est tellement important. Mais évidemment, chacun voudra battre l’autre, et c’est OK.” Zverev – Cobolli, ou le plaisir sans la gêne.

Nouveau traumatisme à venir pour Zverev ? “Il ne passera pas à côté de cette finale”

Video credit: Eurosport

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button