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Bilan de fin de session de la CAQ | Fréchette rompt avec le côté « drama » de Legault

(Québec) La première ministre Christine Fréchette prend encore ses distances de François Legault. Elle rompt avec le côté « drama » de son prédécesseur, ses « effets de toge » et ses « grands esclandres ».

Publié à
14 h 45

Mis à jour à
16 h 28

En conférence de presse pour dresser le bilan la session parlementaire, elle a répondu vendredi que son moins bon coup aura été de ne pas « réduire l’interventionnisme économique plus tôt », un interventionnisme qui était « au cœur de la philosophie économique » de François Legault.

Cette semaine, la vérificatrice générale a déposé un rapport embarrassant sur les investissements du gouvernement caquiste dans la filière batterie. Christine Fréchette a rejeté la responsabilité sur François Legault et Pierre Fitzgibbon – à qui elle a succédé comme ministre de l’Économie en 2024.

Christine Fréchette a ajouté par la suite devant la presse parlementaire qu’elle se distinguait de M. Legault d’une autre façon. « Le ton, l’approche, c’est sûr que c’est un élément qui est important. C’est lié à ma personne, à ma personnalité, donc ça vient avec moi, je dirais, peut-être montrer qu’on peut avoir des résultats sans drama. Et on peut être en phase avec les attentes des Québécois assez rapidement, puisqu’on n’a pas, voilà, à faire des effets de toge ou de grands esclandres. Je pense que c’est un style qui m’est propre », a-t-elle affirmé.

Je pense que chacun apporte sa couleur. M. Legault avait sa couleur. Moi, j’ai la mienne, puis c’est bien comme ça.

Christine Fréchette

Appelée à donner des exemples du côté drama de M. Legault, elle a laissé entendre que l’ex-premier ministre était porté sur la « confrontation ».

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Christine Fréchette était en conférence de presse pour dresser le bilan de la session parlementaire.

Elle a dit avoir une « approche de partenariat, plus orientée vers la concertation ». « Je ne sais pas si c’est un leadership qu’on peut qualifier de féminin », a-t-elle mentionné. « Moins de confrontation, moins de confrontation d’entrée de jeu, je pense que du côté des femmes politiciennes, on est peut-être moins portées vers ça. »

Au cours de cette « brève, mais intense session », pour reprendre les mots de Mme Fréchette, le gouvernement a fait adopter la moitié de ses projets de loi, soit 11 sur 20.

Vendredi, l’Assemblée nationale a donné le feu vert au redécoupage controversé de la carte électorale qui fera passer le nombre de députés de 125 à 127 à la prochaine législature.

En vertu d’une autre loi adoptée vendredi, les critères sont maintenant assouplis pour permettre l’hospitalisation forcée des personnes en situation de crise. Mais l’entrée en vigueur se fera dans un an seulement, car des règlements et des embauches doivent être faits. Le gouvernement croit qu’il y aura une « baisse significative » du nombre de Québécois placés sous garde préventive, car les services sociaux seront également bonifiés – il y en a eu près de 20 000 en 2023-2024, selon le Collège des médecins.

Parmi les projets de loi morts au feuilleton, il y a la Constitution québécoise, l’accélération des projets jugés « prioritaires et d’envergure nationale » et l’élargissement de la loi 101 à la formation professionnelle et aux adultes. Christine Fréchette promet de ramener ces derniers si elle est reportée au pouvoir le 5 octobre, mais « il faudra voir si [le projet de constitution] est à conserver exactement dans la forme actuelle ».

Avec un déficit 2025-2026 moins élevé que prévu, il y a « assurément » une marge de manœuvre pour retourner encore de l’argent dans la poche des contribuables, estime Mme Fréchette. Elle fait de la réduction du coût de la vie sa « priorité numéro un ».

« On va voir la forme que ça va prendre, mais j’ai l’impression qu’il va falloir encore avoir des mesures là-dessus parce que les Québécois, ils l’ont difficile », a-t-elle soutenu.

Elle n’exclut pas de promettre des baisses d’impôt en campagne électorale. « On va l’évaluer. »

Elle a fait miroiter la conclusion prochaine d’une entente finale avec Terre-Neuve-et-Labrador sur Churchill Falls. Le premier ministre Tony Wakeham « est vraiment très confiant quant à l’idée qu’on va arriver à une entente dans le courant de l’été, et je le suis également », a-t-elle indiqué.

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