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Repêchage de la LNH | Le mot que Maddox Dagenais ne veut « plus jamais » entendre

(Buffalo) Ils sont une douzaine de fils d’anciens joueurs apparaissant dans les listes de la LNH pour le présent repêchage.

Publié hier à
19 h 58

Caleb Malhotra, globalement attendu dans le top 6, est l’un d’eux. Il est le fils de Manny Malhotra, ancien centre défensif qui a terminé sa carrière avec le Canadien.

« Les gens s’attendent à un certain type de joueur, à cause du standard que mon père a établi. Ils s’attendent à un bon joueur défensif, bon aux mises en jeu, et à un meneur », a détaillé Caleb Malhotra, jeudi, lors de la journée des médias, à la veille du repêchage 2026 de la LNH.

Dans un tout autre style, voici Maddox Dagenais. Le fils de Pierre Dagenais, un autre ancien du CH, débarque à Buffalo en tant qu’espoir de la LHJMQ le mieux classé par la Centrale de recrutement de la LNH. Il y a en effet beaucoup à envier chez un attaquant de 6 pi 4 et 196 lb, auteur de 30 buts et 62 points à 17 ans dans les rangs juniors.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Michael Ryder (73) et Pierre Dagenais (26), après un but de ce dernier en décembre 2005

La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. À 6 pi 3, Pierre Dagenais avait lui aussi un physique enviable. Et ses 150 buts en trois ans dans la LHJMQ témoignent qu’il savait quoi faire avec une rondelle en zone adverse.

Mais la réalité est évidemment plus complexe. Le talent offensif du père ne l’a pas empêché de vivre une situation rocambolesque au repêchage (voir encadré). Et le fils comprend que malgré ses qualités, les recruteurs ont aussi leurs réserves. À commencer par la constance.

« J’ai beaucoup entendu ce mot-là, reconnaît-il, attablé au restaurant de son hôtel, à 24 heures du repêchage. Je travaille beaucoup. J’ai été meilleur après Noël. »

PHOTO CAROLINE GRÉGOIRE, ARCHIVES LE SOLEIL

Maddox Dagenais

Je vais travailler le plus fort possible pour ne plus jamais entendre ce mot-là. Il est irritant, maintenant.

Maddox Dagenais, en parlant de la constance

C’est un reproche qui est d’ailleurs ressorti quand La Presse a consulté un éclaireur de la LNH qui a demandé l’anonymat. « Il y a des matchs où on le voit moins », a-t-il laissé tomber. Toutefois, il se dit persuadé que le jeune homme a « la drive » pour s’améliorer.

« Des fois, il saute trop vite en attaque, mais il en est conscient, il veut progresser. Je ne doute pas que ça ne sera pas problématique pendant six, sept, huit ans. Ses habitudes de travail sont très bonnes », poursuit le recruteur.

La suite dans la LHJMQ

C’est à Québec qu’il tentera de corriger ces lacunes. Les meilleurs joueurs de la LHJMQ sont désormais intensément courtisés par la NCAA, avec les nouvelles règles en vigueur. Lui ne fait pas exception ; Le Soleil a révélé le printemps dernier qu’il avait refusé une offre « dans les six chiffres » de Penn State.

« Je ne peux pas entrer dans les détails, mais plusieurs programmes lui ont fait une offre. Des joueurs de son calibre ont plusieurs options », a indiqué son agent, Andrew Maloney, sans confirmer les détails de l’offre de Penn State.

Sauf que Dagenais est plutôt resté avec les Remparts, son équipe des deux dernières années.

« J’ai pris le temps d’y penser, assure-t-il. Mais Québec a une place dans mon cœur. Je ne peux pas chialer sur mon temps de glace. Éric [Veilleux, l’entraîneur-chef] va me montrer à jouer défensivement, à jouer dans différents scénarios, comme en désavantage numérique. Je veux réussir ces trucs-là avant de passer au prochain niveau. Ce sera aussi bon pour ma confiance de dominer cette ligue-là. »

Il comptera aussi sur l’aide du paternel, très impliqué. Pierre Dagenais agit en effet comme entraîneur spécialisé pour l’agence Maloney & Thompson. La famille a par ailleurs déménagé à Charlesbourg pour épauler fiston dans sa carrière junior.

« On va rester là jusqu’à ce que je ne sois plus un Rempart, explique Maddox Dagenais. Les avoir cette année, c’était le fun. Après une mauvaise game, ils sont là pour te remonter le moral.

« Mon père est comme mon meilleur ami, décrit Maddox Dagenais. Il ne veut pas prendre la place de mon coach non plus. Mais des fois, pendant la semaine, on regarde des vidéos de mes présences. Il veut que je me développe comme personne et comme joueur. »

Où aboutira-t-il ? Les principaux palmarès le situent en deuxième moitié de premier tour. À la séance d’évaluation des espoirs, également à Buffalo, il dit avoir rencontré 25 équipes.

Cette semaine, les Sénateurs, détenteurs des choix 25 et 32, lui ont reparlé par visioconférence. Dans leur équipe de recruteurs, on retrouve Christian DeBlois, dont le père, Lucien, « a repêché mon père à Moncton », rappelle Dagenais, amusé.

Dans tous les cas, il pourrait être le premier joueur de la LHJMQ réclamé, à moins que Xavier Villeneuve, Tommy Blyel ou Yegor Shilov lui dament le pion.

« Les classements, c’est le fun, mais au bout du compte, ce sont les équipes qui décident. Je ne suis pas en compétition avec les autres gars du Québec, je suis en compétition avec moi-même. Si un autre gars du Québec est repêché avant moi, je serai content pour lui », conclut-il, avant de rejoindre la famille pour la soirée.

Quand Lamoriello a fait de Dagenais « un exemple »

Un joueur repêché deux fois, c’est rare. Un joueur repêché deux fois par la même équipe, c’est carrément louche. C’est ce qu’a vécu Pierre Dagenais, d’abord réclamé au 47e rang par les Devils en 1996. Deux ans plus tard, toujours sans contrat, il est redevenu admissible à l’encan, puisque les Devils avaient perdu ses droits. Mais ce sont encore eux, cette fois au 105e rang, qui l’ont réclamé. Que s’est-il donc passé ? Fort de ses 66 buts et 67 passes, soit 133 points, Dagenais avait bon espoir qu’en redevenant admissible au repêchage, une équipe le réclamerait au premier tour, ce qui lui aurait valu un contrat plus intéressant. De plus, l’Avalanche du Colorado détenait quatre choix de premier tour, et l’équipe était dirigée par Pierre Lacroix, ancien partenaire de son agent, Bob Sauvé. « On me disait que j’avais des chances de sortir au premier tour, se souvient Dagenais. Mais la journée du repêchage, Lou est venu me voir et m’a dit : “Tu ne sortirais pas, tu vas sortir au quatrième tour”, exactement comme ça s’est passé. Il voulait faire un statement pour que les gars ne retournent pas dans le repêchage. J’ai servi d’exemple pour les autres. » Près de 30 ans plus tard, Dagenais accepte l’entière responsabilité de la situation. « Je n’aurais jamais dû faire ça, c’était une erreur ! J’ai appris, admet-il. Lou, j’ai beaucoup de respect, ça a été une très bonne école de vie pour moi. Mon gars ne fera pas la même affaire ! » Maddox ne connaît pas tous les détails de l’histoire, mais assez pour se permettre une boutade. « Moi, le plan, c’est de me faire repêcher juste une fois ! »

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