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Montérégie | Un chat atteint de la rage du raton laveur a attaqué trois personnes

Trois personnes ont été attaquées par le chat atteint de la rage du raton laveur qui a récemment été découvert à Godmanchester, en Montérégie, mais les autorités entretiennent le mystère sur le sujet.

Publié à
11 h 50

Mis à jour à
16 h 10

Ce chat errant avait fait l’objet d’un signalement le 16 juillet en raison de son comportement agressif anormal, symptomatique du virus de la rage, avant d’être euthanasié dans une clinique vétérinaire.

Une nécropsie effectuée le 23 juillet a confirmé que l’animal était porteur du virus, a annoncé mercredi le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), sans dire mot sur les personnes attaquées.


Lisez « Rage du raton laveur : un premier cas chez un chat en Montérégie »

Le MAPAQ a finalement confirmé l’information jeudi, disant toutefois ignorer les circonstances ayant mené à la découverte du chat infecté, s’il se trouvait dans un lieu où il aurait pu être en contact avec d’autres animaux, ou dans un milieu habité où il aurait pu interagir avec des humains.

Secret médical

Les autorités n’ont pas voulu préciser si les trois personnes qui ont été en contact avec le chat porteur de la rage ont été mordues, griffées ou autrement exposées au virus, invoquant le secret médical.

Un enfant serait du nombre, a affirmé à La Presse une personne au courant du dossier, mais qui n’était pas autorisée à en parler publiquement, une information que la Santé publique n’a pas voulu confirmer, invoquant là aussi le secret médical.

Les autorités ne veulent pas non plus révéler dans quel secteur de Godmanchester, dont le territoire ceinture la ville d’Huntingdon, le chat porteur de la rage a été trouvé.

Même la description du chat en question demeure un secret, le MAPAQ et la Santé publique de la Montérégie refusant de dévoiler quelque information que ce soit sur le félin, si ce n’est qu’il ne portait ni médaille, ni collier, ni micropuce permettant de l’identifier.

« Il y a un risque à donner les détails spécifiques de ce chat-là », a justifié la docteure Alex-Ane Mathieu, médecin-conseil à la direction régionale de santé publique de la Montérégie.

Il y a probablement d’autres chats rabiques au Québec et si [une personne] se fait mordre par un chat qui ne correspond pas à la description, il y a un risque qu’elle soit faussement rassurée.

La Dre Alex-Ane Mathieu

Traitement

La rage est mortelle dans 100 % des cas, y compris chez les humains, dès que les symptômes apparaissent, mais le virus met beaucoup de temps à se développer, ce qui laisse le temps aux personnes exposées d’obtenir le traitement post-exposition.

Les trois personnes qui ont été en contact avec le chat porteur de la rage à Godmanchester ont ainsi pu recevoir ce traitement, a indiqué la Santé publique.

Le nombre de personnes traitées contre la rage après avoir été exposées au virus a d’ailleurs bondi au Québec depuis le début de l’épidémie de rage du raton laveur qui sévit en Montérégie et en Estrie, avait rapporté La Presse en novembre.

Il s’élevait à 459 personnes cette année, en date de jeudi, et avait atteint 578 personnes en 2025, contre 302 en 2024 et 206 en 2023.

Toute personne ayant été mordue ou griffée, ou qui a été en contact avec la salive d’un animal suspect, doit nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon pendant 10 à 15 minutes, puis communiquer avec le service Info-Santé 811.

Opération vaccination

Le chat atteint de la rage est le 212e cas d’animal infecté par le virus répertorié depuis le début de l’épidémie, en décembre 2024.

Deux foyers distincts coexistent : l’un dans la vallée du lac Champlain, qui s’est étendu jusqu’au nord de Saint-Hyacinthe, et l’autre dans la vallée du lac Memphrémagog, avec des cas jusqu’au sud de Magog.

Différentes opérations de vaccination de ratons laveurs, mouffettes et autres animaux à risque de contracter la rage ont été menées depuis le printemps 2024.

La plus récente, en juin, visait à capturer, vacciner et relâcher environ un millier de bêtes dans un secteur couvrant quelque 750 km², en Montérégie.

Au printemps, plus de 206 000 appâts vaccinaux ont été distribués manuellement et des épandages aériens et manuels sont prévus dans les prochaines semaines.

Pourquoi ne pas vacciner les humains ?

La vaccination à grande échelle de la population humaine contre la rage ne serait pas un moyen de prévention pertinent, indique la Santé publique. « Même quelqu’un qui a eu les vaccins en préexposition devrait recevoir un traitement post-exposition » après avoir été en contact avec le virus, explique la docteure Alex-Ane Mathieu. Au Québec, le vaccin préventif, constitué de deux doses, est seulement administré aux personnes à risque élevé, comme les vétérinaires ou les employés de laboratoire. L’objectif est de prévenir les expositions « occultes », qui passent inaperçues, comme se faire une égratignure sur une cage où il y aurait de la salive d’un animal infecté. Et les anticorps ne restent pas dans le système immunitaire de manière permanente, si bien que les personnes vaccinées doivent faire un test sérologique tous les deux ans pour savoir si une dose de rappel s’impose.

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