Rondelle libre | Dossier Robert Thomas : et si le CH avait voulu échanger Nick Suzuki ?

Imaginez le Canadien décevoir cet hiver. Flirter à nouveau avec la cave du classement, après une surprenante participation aux séries l’an dernier. Juraj Slafkovský blessé. Ivan Demidov plus lent à produire que prévu.
Publié à
11 h 27
Arrive la période névralgique des transactions et non seulement Nick Suzuki mais aussi Cole Caufield, alimentent les rumeurs d’échange. Et elles sont sérieuses, au point où les analystes les plus réputés y mettent leur grain de sel.
Voilà où en sont les Blues de St. Louis. Robert Thomas est un clone de Nick Suzuki. Centre droitier, même gabarit, à 6 pieds et 207 livres. Âgé de 26 ans, repêché sept rangs après le centre numéro un du Canadien en 2017. Il a amassé 81 points en 70 matchs l’an dernier – 95 points sur une saison complète – et 86 points la saison précédente. Mais il est blessé davantage que Suzuki.
Jordan Kyrou, 27 ans, a marqué 37, 31 et 36 buts lors des trois dernières saisons. Il récolte généralement entre 70 et 75 points au sein d’un premier trio.
Il est difficile de concevoir que la direction des Blues envisage un tel coup d’éclat. Leur président Doug Armstrong, après tout, n’est pas un adepte des reconstructions. Il préfère réinitialiser, un coup ou deux à la fois, comme à l’occasion de son offre hostile à Dylan Holloway et Philip Broberg en août 2024.
Le départ de Thomas et/ou de Kyrou signifierait sans doute aussi ceux, dans un avenir plus ou moins rapproché, des trentenaires Pavel Buchnevich, Brayden Schenn, Colton Parayko, Justin Faulk, Jordan Binnington et Cam Fowler. On reconstruit ou on ne reconstruit pas.
Le Mammoth de l’Utah et le Kraken de Seattle seraient les acheteurs les plus agressifs sur le marché. Thomas permettrait à une organisation encore jeune de passer à l’étape suivante. Il est encore très jeune et sous contrat pour cinq autres années à un salaire très décent de 8,1 millions par saison. Important rappel : Thomas, originaire de Aurora, en Ontario, détient une clause complète de non-échange.
Les Blues exigeraient l’équivalent de trois ou quatre choix de premier tour de qualité top 15, soit des choix, des espoirs ou de jeunes joueurs établis. Corey Pronman, du site The Athletic, répond aujourd’hui à son collègue Jeremy Rutherford, affecté à la couverture des Blues pour le même site, en offrant Tij Iginla, sixième choix au total en 2024, 71 points, dont 36 buts, en 39 matchs dans les rangs juniors à Kelowna, le défenseur Maveric Lamoureux et un ou deux choix de premier tour.
Pour le Canadien, ça reviendrait probablement à échanger Michael Hage, David Reinbacher ou Adam Engstrom et un ou deux choix de premier tour pour obtenir Robert Thomas.
Maintenant, cette offre en scandaliserait plus d’un à Montréal. Mais Hage, malgré sa magnifique production dans la NCAA et au Championnat mondial junior, deviendra-t-il un centre supérieur à Thomas ? La barre est haute.
Il faudrait espérer que les prochaines saisons du Canadien soient couronnées de succès pour que les choix deviennent des choix de fin de premier tour, donc peu susceptibles de se transformer en joueurs d’impact.
Avec un premier trio constitué de Nick Suzuki, Cole Caufield et Kirby Dach (ou un autre), Thomas au centre de Slafkovský et Demidov, et avec la défense actuelle, il est permis de croire que le Canadien occuperait une place dans les sommets du classement.
Thomas pourrait très bien demeurer avec les Blues après vendredi, date limite des transactions. La direction de l’équipe ne l’échangera pas pour le plaisir de le faire. On tâte le terrain en écoutant une offre irrésistible. Échangeriez-vous Suzuki pour Oliver Kapanen, Adam Engstrom et deux choix de premier tour ? Suzuki pour Barrett Hayton, Daniil But et un choix de deuxième tour ? Poser la question, c’est y répondre.
La disponibilité de Thomas sur le marché peut évidemment soulever des interrogations, compte tenu de son jeune âge et du fait que souffle sur cette équipe un vent de renouveau malgré leur saison décevante. Y a-t-il un vice caché malgré la production de ce centre numéro un ?
Il est difficile de croire que c’est le cas. Lors de cette séquence folle des Blues en fin de saison dernière, Thomas a tout de même amassé 45 points en seulement 29 matchs, une production absolument ahurissante.
Le prix exigé par les Blues pour Thomas rend l’acquisition de Noah Dobson encore plus spectaculaire : deux choix de premier tour, aux 16e et 17e rangs, et Emil Heineman, pour un défenseur numéro un de 26 ans. Dobson est en route vers une saison de 56 points, dont 17 buts, sans pour autant jouer en première vague de supériorité numérique, et employé en moyenne 22 min 37 s par rencontre.
Mathieu Darche, le directeur général des Islanders, n’a évidemment pas à rougir de cet échange, puisque Dobson voulait jouer à Montréal et à titre de joueur autonome avec restriction, avait le pouvoir d’accepter ou non une entente à long terme avec sa nouvelle équipe.
Le chiffre du jour
4
Nombre de défaites consécutives subies par les Maple Leafs depuis que le PDG de l’équipe a promis aux détenteurs de billets de saison du club de faire tout en son pouvoir afin de permettre aux Leafs de passer au prochain niveau. Les Leafs sont désormais à sept points des Bruins de Boston et de la dernière place donnant accès aux séries avec deux matchs de moins à disputer. Il leur reste 21 rencontres pour réaliser l’impossible.




