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Jean Chrétien est allé préparer le terrain pour Mark Carney en Chine

OTTAWA | L’ancien premier ministre Jean Chrétien s’est rendu en Chine lundi pour y rencontrer le vice-président chinois, une semaine avant la visite officielle de Mark Carney, une visite qui s’annonce capitale pour l’avenir entre les deux pays, selon un ex-ambassadeur.

• À lire aussi: Mark Carney en Chine la semaine prochaine pour une première visite officielle depuis 2017

La nouvelle est venue de l’agence de presse chinoise Xinhua dans un court texte publié lundi.

M. Chrétien a tenu ce jour-là une rencontre avec nul autre que l’actuel vice-président de la Chine, Han Zheng. L’ancien chef libéral semble être accompagné de deux individus non identifiés sur la photo.

Une relation qui ne date pas d’hier

«Han a salué les contributions que Chrétien apporte depuis longtemps au développement des relations sino-canadiennes», est-il écrit dans l’article.

À 91 ans, M. Chrétien a «exprimé sa volonté de continuer à promouvoir activement le développement sain et stable des relations entre le Canada et la Chine» et a souligné que «les économies des deux pays étaient hautement complémentaires et que leurs relations bilatérales offraient de vastes perspectives», peut-on y lire.

Le proche collaborateur de M. Chrétien n’a pas répondu aux questions du Journal concernant ce séjour.

Voyage d’affaires ou de politique?

L’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques a déjà vu Jean Chrétien interagir avec ses interlocuteurs chinois plus d’une fois, lui qui y est toujours bien reçu, à la manière d’un «vieil ami».

Une équipe médicale devrait d’ailleurs suivre l’ex-premier ministre partout en Chine, explique M. Saint-Jacques en entrevue au Journal.

Ce dernier croit que le moment choisi pour cette énième visite au pays de Xi Jinping, une semaine avant celle de Mark Carney, pourrait n’être qu’une coïncidence. Toujours actif comme avocat, Jean Chrétien s’y rend généralement moins pour des questions diplomatiques que pour y promouvoir les intérêts commerciaux de ses clients.

«Une fois, il était là avec son petit-fils, Olivier Desmarais [de Power Corporation], puis c’était pour le présenter aux leaders chinois. C’était toujours à des fins commerciales, promouvoir des projets, des compagnies», explique l’ex-diplomate au Journal.

Une visite «privée»

L’ex-diplomate Michael Kovrig, un des «deux Michaels» emprisonnés en Chine pendant près de trois ans, affirme que M. Chrétien n’y a pas séjourné à la demande de Mark Carney.

«Il s’agit d’une visite privée, et non d’une visite officielle au nom du premier ministre. Mais on peut imaginer qu’il tentera de donner le ton aux discussions et de déterminer la portée de ce qui pourrait être possible lors des réunions officielles de la semaine prochaine», a écrit sur ses réseaux sociaux celui qui travaille aujourd’hui à l’International Crisis Group en tant qu’expert sur l’Asie.

Guy Saint-Jacques croit que les visites de M. Chrétien auraient pu être «mieux utilisées» par le gouvernement de Justin Trudeau, notamment pour transmettre des messages à l’époque où les deux pays traversaient un sérieux froid diplomatique.

Le bureau du premier ministre n’a pas répondu au Journal à savoir si le voyage de M. Chrétien avait été coordonné avec le gouvernement.

La visite officielle de trois jours de Mark Carney la semaine prochaine est la première pour un premier ministre canadien depuis 2017.

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